Baguette One décollera de Biscarosse en 2027, une première dans l’histoire spatiale française
La fusée conçue par l'entreprise bordelaise HyPrSpace décollera en 2027. Baguette One devrait être lancée depuis un site militaire dans les Landes, ce qui n'a jamais été réalisé dans l'histoire spatiale française..
La France s’apprête à réaliser un événement historique dans le domaine spatial avec le décollage de la fusée Baguette One depuis la base de Biscarosse, prévue en 2027. Ce lancement marquera la première mission spatiale française entièrement conçue et opérée par des acteurs nationaux, sans dépendre de partenariats internationaux comme ceux qui ont jusqu’ici caractérisé les programmes spatiaux français. Biscarosse, située dans les Landes, abrite déjà le Centre d’essais des Landes (CEL), un site clé pour les tirs de fusées, notamment pour des projets militaires ou scientifiques. Ce vol inaugural symbolise une étape majeure pour l’autonomie spatiale de la France, un objectif stratégique pour réduire sa dépendance aux autres puissances spatiales comme les États-Unis ou la Chine.
La fusée Baguette One est un lanceur de nouvelle génération, conçu pour être réutilisable et moins coûteux que les modèles précédents. Elle mesure environ 30 mètres de haut, soit l’équivalent d’un immeuble de 10 étages, et pèse près de 150 tonnes au décollage. Son nom, inspiré par une touche d’humour français, reflète aussi son ambition : transporter des satellites légers, des expériences scientifiques ou même des missions habitées vers l’orbite basse. Contrairement aux fusées traditionnelles, Baguette One utilise un moteur à propulsion hybride, combinant des ergols solides et liquides pour optimiser sa puissance tout en limitant les risques d’explosion. Son développement est porté par une collaboration entre des startups spatiales françaises et des laboratoires publics comme le CNES (Centre National d’Études Spatiales).
Le projet Baguette One s’inscrit dans une dynamique de croissance pour l’industrie spatiale française, estimée à plus de 5 milliards d’euros par an. En visant un coût de lancement réduit à 10 millions d’euros (contre 50 à 100 millions pour les fusées classiques), la France espère conquérir une part du marché mondial des lancements commerciaux, dominé aujourd’hui par SpaceX ou Arianespace. Sur le plan scientifique, cette mission permettra de tester des technologies innovantes, comme des matériaux résistants aux radiations ou des systèmes de navigation autonomes. Elle ouvre aussi la voie à des missions vers la Lune ou Mars, en collaboration avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Enfin, ce projet stimule l’emploi dans les secteurs high-tech, avec la création de 2 000 emplois directs et indirects d’ici 2027.
Malgré l’enthousiasme, le projet Baguette One doit relever plusieurs défis. Le premier est technique : maîtriser la réutilisabilité de la fusée, un pari déjà réussi par SpaceX avec sa fusée Starship, mais encore inédit en Europe. Le calendrier prévoit une phase de tests au sol en 2025, suivie de deux vols suborbitaux en 2026 pour valider les performances du lanceur. Le décollage historique est donc programmé pour 2027, mais des retards ne sont pas exclus, comme souvent dans les projets spatiaux. Par ailleurs, la France doit obtenir les autorisations nécessaires auprès des instances internationales, notamment pour éviter les collisions avec d’autres satellites ou débris spatiaux. Enfin, le budget total du projet, estimé à 800 millions d’euros, devra être sécurisé via des financements publics et privés.
Ce lancement positionne la France comme un acteur incontournable du spatial en Europe, aux côtés de l’Allemagne et de l’Italie. Il renforce aussi sa souveraineté technologique, un enjeu crucial à l’heure où les tensions géopolitiques (guerre en Ukraine, rivalités sino-américaines) menacent l’accès aux technologies spatiales. La France pourrait ainsi jouer un rôle clé dans les futures missions lunaires ou martiennes, en partenariat avec la NASA ou l’ESA. Sur le plan économique, ce projet pourrait attirer des investissements étrangers et positionner l’Hexagone comme un hub pour les startups spatiales. Enfin, il envoie un signal fort aux jeunes générations, en montrant que la France reste une nation innovante et ambitieuse dans les sciences et les technologies.

