“Unabomber” sur Netflix : la “malédiction du biopic insipide” a encore frappé
Mis en ligne sur Netflix, le film promet d’explorer la psyché de Ted Kaczynski. Las, regrette la presse américaine, “Unabomber” est trop superficiel pour comprendre le terroriste antitechnologique qui a envoyé des bombes par la poste de 1978 à 1995.
Ted Kaczynski, surnommé Unabomber (contraction de University and Airline Bombing), est un terroriste américain actif entre 1978 et 1995. Pendant cette période, il a envoyé des colis piégés dans huit États des États-Unis, tuant 3 personnes et en blessant 23 autres. Il justifiait ses actes comme une opposition radicale aux technologies modernes, qu’il considérait comme une menace pour l’humanité. Arrêté en 1996 après une longue traque du FBI, il s’est suicidé en prison en juin 2023, alors qu’il purgeait une peine de prison à perpétuité. Son cas reste l’un des plus célèbres exemples de terrorisme domestique aux États-Unis, mêlant idéologie extrême et violence aveugle.
Le 24 septembre 2026, Netflix a diffusé le film Unabomber, réalisé par Janus Metz, qui retrace la vie de Ted Kaczynski. Le film alterne entre deux périodes : les années 1950, où l’on découvre un jeune Kaczynski étudiant à Harvard, et les années 1995-1996, lors de son arrestation. Selon The New York Times, le film est composé de deux récits distincts, dont un seul est jugé intéressant. La partie centrée sur l’enquête du FBI, avec une agente fictive nommée Joanne Miller (interprétée par Shailene Woodley), est qualifiée de classique et oubliable. En revanche, la séquence sur les études de Kaczynski, avec Jacob Tremblay dans le rôle du jeune Ted, est perçue comme plus captivante.
Dans la partie des années 1950, le film montre Ted Kaczynski, âgé de 16 ans, fasciné par son professeur de psychologie Henry A. Murray (joué par Russell Crowe). Ce dernier est décrit comme une figure charismatique et inquiétante, dont l’influence sur Kaczynski est présentée comme un élément clé de son évolution. Le film suggère que cette relation a joué un rôle dans la radicalisation future de Kaczynski, bien que les détails de cette interaction restent flous dans l’article. Cette séquence est considérée comme la plus pertinente pour comprendre les motivations profondes du terroriste.
Malgré son sujet potentiellement captivant, le film Unabomber est critiqué pour son manque de profondeur et son approche superficielle. Les critiques, notamment celles du New York Times, soulignent que le film ne parvient pas à expliquer clairement les motivations complexes de Kaczynski ni à explorer en profondeur sa psyché. Le récit est jugé trop dispersé entre les deux époques, avec une partie sur l’enquête du FBI jugée sans originalité. Le film est donc perçu comme une occasion manquée, alors que le sujet aurait pu être d’actualité, notamment dans un contexte où les débats sur la technologie et ses dangers sont fréquents.
Le film *Unabomber* sort dans un contexte où les questions liées à la technologie, à son impact sur la société et à ses dérives sont particulièrement sensibles. Kaczynski, avec son rejet radical de la modernité technologique, incarne une figure extrême de cette critique. Son histoire, bien que controversée, offre une réflexion sur les limites de la technologie et les dangers de son usage incontrôlé. Cependant, le film ne parvient pas à exploiter pleinement ce potentiel, se contentant d’une narration linéaire et peu innovante, typique des *biopics* (films biographiques) jugés insipides par la critique.

