Le programme scolaire des 6ᵉ en Russie? Drones, grenades et maniement des armes
À partir de la rentrée, les collégiens et lycéens russes suivront un enseignement largement recentré sur l'entraînement militaire, avec des cours sur les drones, les armes et les premiers secours..
À partir du 1ᵉʳ septembre 2026, les élèves russes de 6ᵉ (équivalent du collège en France) suivront un cours obligatoire intitulé « Bases de la sécurité et de la défense de la patrie ». Ce programme, qui compte 34 heures par an, verra sa part militaire passer de 20 % à 50 % du contenu. Le ministre russe de l’Éducation, Sergueï Kravtsov, a annoncé cette réforme, qui vise à renforcer la préparation des jeunes aux enjeux de défense nationale. Parmi les nouveautés figurent l’apprentissage de l’utilisation des drones (petits appareils volants télécommandés, souvent utilisés pour la surveillance ou le combat) et des exercices pratiques sur le terrain. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et l’OTAN, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (alliance militaire regroupant les États-Unis, le Canada et plusieurs pays européens).
Le programme inclut désormais au moins 17 heures d’entraînement militaire par an, contre 7 heures auparavant. Les élèves apprendront des compétences directement liées au combat, comme la manipulation d’armes à feu et de grenades (petites bombes portatives pouvant être lancées à la main). Les cours aborderont aussi des thèmes comme l’histoire militaire, l’éducation civique et les gestes de premiers secours. Cette approche rappelle l’instruction militaire soviétique, une matière obligatoire pour les lycéens jusqu’en 1993, qui combinait exercices militaires, formation médicale et camps d’entraînement. La Russie a progressivement réintroduit cette discipline après le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Les élèves les plus âgés seront notamment formés à des techniques de survie et de combat.
Les autorités russes ont accru la pression sur les établissements scolaires pour qu’ils s’adaptent à ces nouvelles exigences. Selon le média indépendant Vertska, plus de 200 actions en justice ont été engagées en 2024 contre des écoles ne disposant pas d’infrastructures adaptées, comme des stands de tir (installations permettant de s’entraîner au tir avec des armes à feu). Le gouvernement envisage même de créer un programme distinct de 64 heures, axé sur la discipline, les compétences de combat et la survie. Une phase pilote pourrait être lancée dès septembre 2026 dans plusieurs régions, y compris en Crimée (péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014). Ces mesures s’inscrivent dans un climat de tensions croissantes avec l’OTAN, certains dirigeants occidentaux ayant évoqué la possibilité d’un conflit de grande ampleur en Europe d’ici 2030.
Cette réforme éducative s’inscrit dans une stratégie plus large de la Russie pour préparer sa jeunesse à un éventuel conflit avec l’OTAN. Plusieurs dirigeants occidentaux ont récemment mis en garde contre le risque d’une guerre majeure en Europe, des déclarations reprises en Russie pour justifier le renforcement de la préparation militaire dès le plus jeune âge. Le programme scolaire russe reflète ainsi une volonté politique de mobiliser les jeunes générations autour des enjeux de défense nationale, dans un contexte où le conflit en Ukraine s’éternise. La Russie cherche à renforcer son autonomie stratégique et à cultiver un sentiment de patriotisme et de résilience chez ses citoyens.

