Cette maladie transmise par les tiques ne laisse aucune plaque rouge mais peut provoquer des problèmes cardiaques : comment l'anaplasmose pourrait s'installer en France sans que personne ne le sache
L'anaplasmose, deuxième maladie transmise par les tiques au Canada, circule aussi en France depuis 1999. Une étude strasbourgeoise recense 39 cas alsaciens et alerte sur ce cousin méconnu de la maladie de Lyme..
L'anaplasmose est une maladie infectieuse transmise par les tiques, causée par la bactérie Anaplasma phagocytophilum. Cette bactérie s'attaque aux globules blancs du sang, affaiblissant ainsi le système immunitaire. Contrairement à la maladie de Lyme, une autre infection transmise par les tiques, l'anaplasmose ne provoque pas de plaque rouge (érythème migrant) sur la peau. Ses symptômes sont souvent non spécifiques : fièvre, maux de tête, frissons, douleurs musculaires et fatigue intense. Dans les cas graves, elle peut entraîner des complications comme des problèmes cardiaques, une insuffisance rénale ou des troubles neurologiques. La maladie est particulièrement dangereuse pour les personnes immunodéprimées, les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques.
L'anaplasmose se transmet principalement par la piqûre de tiques infectées, notamment la tique Ixodes ricinus, la même espèce qui transmet la maladie de Lyme. Ces tiques se nourrissent du sang des animaux comme les cerfs, les rongeurs ou les oiseaux, qui jouent le rôle de réservoirs naturels pour la bactérie. Lorsqu'une tique infectée pique un humain, elle peut lui transmettre la bactérie Anaplasma phagocytophilum. La transmission n'est pas directe entre humains ou entre animaux. En Europe, les régions boisées et humides, comme les forêts ou les prairies, sont des zones à risque accru. La saison des tiques s'étend généralement du printemps à l'automne, avec un pic en été.
L'anaplasmose reste peu connue du grand public et même des professionnels de santé en France pour plusieurs raisons. D'abord, ses symptômes sont similaires à ceux de nombreuses autres maladies, comme la grippe ou la COVID-19, ce qui rend son diagnostic difficile. Ensuite, les tests de dépistage ne sont pas toujours réalisés systématiquement, car cette maladie est souvent confondue avec d'autres infections transmises par les tiques. De plus, il n'existe pas de surveillance épidémiologique spécifique en France, contrairement à la maladie de Lyme. Enfin, les cas graves, comme les complications cardiaques, sont rares mais peuvent être sous-diagnostiqués en raison d'un manque de sensibilisation des médecins.
En France, l'anaplasmose pourrait s'installer durablement en raison de plusieurs facteurs. D'abord, la population de tiques Ixodes ricinus, vectrice de la maladie, est en augmentation dans certaines régions, notamment en raison du réchauffement climatique et de la modification des écosystèmes. Ensuite, les déplacements humains et animaux favorisent la propagation des tiques infectées. Une étude récente a montré que près de 10 % des tiques analysées dans certaines zones de l'est de la France étaient porteuses de la bactérie Anaplasma phagocytophilum. Enfin, le manque de données épidémiologiques précises rend difficile l'évaluation exacte de la situation actuelle. Les régions les plus exposées sont celles où les tiques sont déjà très présentes, comme l'Alsace, la Lorraine ou les Vosges.
Le diagnostic de l'anaplasmose repose sur des tests sanguins spécifiques, comme la PCR (technique permettant de détecter l'ADN de la bactérie) ou des tests sérologiques (recherche d'anticorps). Cependant, ces tests ne sont pas toujours disponibles en routine dans les laboratoires. Le traitement repose sur des antibiotiques, comme la doxycycline, qui doivent être administrés rapidement pour éviter les complications. Plus le traitement est précoce, meilleures sont les chances de guérison complète. En cas de symptômes évocateurs après une piqûre de tique, il est recommandé de consulter un médecin rapidement et de mentionner la possibilité d'une infection par Anaplasma phagocytophilum.
Pour éviter l'anaplasmose, la prévention repose principalement sur la protection contre les piqûres de tiques. Il est conseillé de porter des vêtements longs et clairs lors de promenades en forêt ou dans les herbes hautes, d'utiliser des répulsifs cutanés à base de *DEET* ou d'*icaridine*, et de vérifier soigneusement son corps après une sortie en zone à risque. En cas de piqûre, il faut retirer la tique rapidement à l'aide d'un tire-tique, sans utiliser d'éther ou d'alcool. Après une piqûre, il est important de surveiller l'apparition de symptômes pendant plusieurs semaines. Les personnes vivant en zone rurale ou pratiquant des activités en plein air (randonnée, chasse, jardinage) doivent être particulièrement vigilantes.

