La crise climatique risque de creuser les inégalités au Québec, prévient un nouveau regroupement
L’Alliance justice et climat veut amener Québec à tenir compte des plus vulnérables dans ses politiques climatiques..
Un groupe nommé Alliance justice et climat vient d’être formé au Québec pour alerter sur les risques que la crise climatique aggrave les inégalités sociales dans la province. Ce regroupement, qui réunit plusieurs organismes comme Vivre en ville, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement et l’Observatoire québécois des inégalités, souhaite que le gouvernement québécois intègre davantage la protection des populations vulnérables dans ses politiques climatiques. L’objectif est d’éviter que les conséquences des changements climatiques, comme les canicules ou les inondations, ne touchent de manière disproportionnée les ménages les plus fragiles. Florence Desrochers, représentante de Vivre en ville, souligne que l’adaptation au climat doit être une responsabilité collective, avec une répartition équitable des coûts et des bénéfices pour tous les citoyens.
Les personnes les plus exposées aux effets des changements climatiques au Québec sont celles déjà en situation de précarité, comme les ménages à faible revenu ou les personnes en itinérance. Nathalie Guay, directrice de l’Observatoire québécois des inégalités, explique que ces groupes subissent directement les conséquences des événements climatiques extrêmes, comme les chaleurs intenses en été ou les pluies hivernales suivies de froid intense. Ces phénomènes, de plus en plus fréquents, entraînent aussi une hausse des primes d’assurance habitation, ce qui fragilise davantage les particuliers. Par ailleurs, la sécurité alimentaire est menacée : un rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) de 2019 indique que les changements climatiques perturbent la chaîne alimentaire mondiale et font augmenter le coût des aliments.
Selon l’Institut climatique du Canada, si les émissions de gaz à effet de serre (GES) restent élevées, les ménages les moins nantis pourraient perdre 23 % de leurs revenus d’ici la fin du XXIe siècle à cause des effets du climat. Ce scénario, basé sur des projections économiques, montre que la crise climatique risque de creuser les écarts entre les plus riches et les plus pauvres. L’Alliance justice et climat craint qu’une absence d’action immédiate ne conduise à une crise sociale de plus en plus grave. Le regroupement insiste sur la nécessité de mettre en place des mesures économiques, environnementales et sociales pour limiter ces impacts et protéger les populations vulnérables.
Pour limiter les inégalités liées au climat, l’Alliance justice et climat propose plusieurs pistes au gouvernement québécois. Parmi elles, prioriser l’accès à un logement sain et abordable, car un toit est une protection essentielle contre les événements climatiques. Florence Desrochers, de Vivre en ville, souligne que les rénovations énergétiques des bâtiments doivent être réalisées sans augmenter les loyers pour les ménages modestes. Le regroupement recommande aussi d’investir dans les infrastructures sociales (parcs, bibliothèques, espaces publics) pour renforcer les liens communautaires, un facteur clé de résilience en cas de crise. Enfin, il souhaite que le gouvernement bonifie les projets de loi climatiques existants, comme le Plan pour une économie verte, pour mieux protéger les populations vulnérables.
L’*Alliance justice et climat* compte ouvrir un dialogue avec le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon, élu en 2024, pour l’inciter à intégrer davantage les enjeux d’équité dans ses politiques climatiques. Le regroupement mise sur l’élan actuel au Québec, où de nombreuses municipalités et régions travaillent déjà sur des plans d’adaptation aux changements climatiques. L’objectif est de mobiliser la société civile et de proposer des amendements aux lois en vigueur pour garantir que les mesures environnementales bénéficient à tous, sans exclure les plus fragiles. L’*Alliance* espère ainsi influencer les décisions politiques avant que la crise climatique ne s’aggrave.

