“C’est trop tard” : le patron de Ford met en garde face à l’invasion des voitures électriques chinoises, et prend l’Europe comme exemple
Alors que les États-Unis réfléchissent à autoriser les marques automobiles chinoises sur leur territoire, le patron de Ford tire la sonnette d’alarme. Il leur demande simplement de regarder du côté de l’Europe..
Jim Farley, le PDG de Ford, a mis en garde contre l’ouverture du marché américain aux voitures électriques chinoises lors de l’Automotive News Congress à Détroit. Selon lui, l’Europe représente un exemple à ne pas suivre, car elle n’a pas su anticiper l’arrivée massive de ces véhicules. Farley souligne que les constructeurs européens subissent aujourd’hui une forte pression face à la concurrence des modèles chinois, qui ont conquis 12 % du marché européen à l’été 2025. Pour illustrer son propos, il cite des chiffres du cabinet Schmidt Automotive Research : entre janvier et mai 2026, plus d’un véhicule électrique sur sept vendu en Europe occidentale provenait de Chine. Ces modèles, souvent moins chers et technologiquement avancés, menacent les parts de marché des constructeurs traditionnels comme Ford.
Face à la concurrence chinoise, Ford adopte une stratégie différente en Europe et en Asie du Sud-Est. Plutôt que de s’opposer frontalement, le constructeur américain choisit de s’allier avec des entreprises locales. Jim Farley a expliqué que cette approche se justifie lorsque Ford ne possède pas de propriété intellectuelle ou souhaite optimiser ses investissements. Un exemple concret est le partenariat annoncé en juillet 2025 avec Geely, un groupe chinois, pour produire des véhicules électriques dans l’usine espagnole de Ford dès 2027. De plus, Ford a signé un accord avec le géant des batteries CATL pour sécuriser ses approvisionnements. Cette méthode, bien que pragmatique, suscite des critiques aux États-Unis, où certains y voient une dépendance accrue envers la Chine.
Aux États-Unis, l’arrivée des voitures électriques chinoises divise les décideurs politiques. Un projet de loi vise à interdire définitivement ces véhicules sur le sol américain, tandis que l’ancien président Donald Trump propose une solution alternative : autoriser leur importation uniquement si elles sont produites localement avec des travailleurs américains. Cependant, des experts estiment que l’invasion des marques chinoises est inévitable d’ici cinq à dix ans. Sean Duffy, secrétaire américain aux Transports, a exprimé ses « profondes inquiétudes » face aux partenariats de Ford avec des entreprises chinoises, craignant une perte d’autonomie dans la chaîne d’approvisionnement. Cette situation crée une tension entre les intérêts économiques et les enjeux géopolitiques.
Le marché des voitures électriques est en pleine mutation, avec une croissance rapide des modèles chinois en Europe. En 2020, ces véhicules étaient quasi absents du paysage européen, mais leur part de marché a atteint 12 % à l’été 2025. Cette progression s’explique par des prix compétitifs et des technologies innovantes, comme des batteries plus performantes ou des systèmes d’assistance à la conduite avancés. En parallèle, les constructeurs traditionnels, comme Ford, peinent à rivaliser sans s’allier à des partenaires locaux. Cette dynamique soulève des questions sur l’avenir de l’industrie automobile, notamment en termes de souveraineté industrielle et de compétitivité face à la Chine, leader mondial dans ce secteur.

