Peut-on dire adieu au Diesel ? Les ventes s’effondrent en France et le marché de l’occasion suit la tendance
Les immatriculations de nouvelles voitures électriques explosent en France, tandis que le Diesel recule. Et la même tendance est observée sur le marché de l’occasion.
En France, les immatriculations de voitures 100% électriques ont connu une croissance record de 74% sur les huit premiers mois de l'année 2026, selon les données de l'ACEA (Association des Constructeurs Automobiles Européens). Cette augmentation est la plus forte parmi les principaux marchés européens pour le véhicule électrique. Parallèlement, les ventes de voitures Diesel ont chuté de 35,8% sur la même période, marquant la plus forte baisse en Europe. Cette tendance s'explique en partie par le conflit au Moyen-Orient, qui a perturbé les approvisionnements en carburants et fait monter les prix des carburants traditionnels comme le gazole. Les consommateurs se tournent alors vers des alternatives moins dépendantes des fluctuations des prix des énergies fossiles, comme les véhicules électriques.
Le marché de l'occasion reflète cette évolution. Sur le site La Centrale, les recherches de voitures électriques ont augmenté de plus de 200% le 20 septembre 2026 par rapport au 28 février 2026, date du début du conflit au Moyen-Orient. À l'inverse, le délai moyen pour vendre une voiture Diesel d'occasion s'est allongé, passant de 71 jours en début d'année à 88 jours en octobre 2026. Cette durée plus longue indique une baisse de la demande pour les véhicules Diesel d'occasion. Ces chiffres montrent que les acheteurs, particuliers ou professionnels, privilégient désormais les véhicules électriques, même sur le marché de l'occasion, en raison de leur coût d'usage perçu comme plus stable.
Malgré ces tendances, il est encore prématuré d'annoncer la fin du Diesel en France. Selon Yoann Taitz, expert marché chez Indicata, les choix des consommateurs restent fortement influencés par le prix des carburants. Le seuil psychologique de 2 euros par litre de gazole semble être un point de bascule : lorsque ce prix est atteint, l'intérêt des acheteurs se déplace vers les véhicules électriques. Cette dépendance au coût d'usage explique pourquoi les ventes de véhicules thermiques (essence ou Diesel) fluctuent en fonction des prix à la pompe. Tesla, par exemple, a enregistré une forte progression en France, et en août 2026, les voitures 100% électriques avaient une part de marché presque équivalente à celle des hybrides électriques (HEV) dans les immatriculations françaises.
Cette dynamique s'inscrit dans un contexte européen où les politiques publiques et les préférences des consommateurs évoluent rapidement. L'ACEA, qui représente les constructeurs automobiles en Europe, fournit des données comparatives entre les différents pays. En France, la transition vers l'électrique est particulièrement marquée, mais elle reste conditionnée par des facteurs économiques externes, comme les prix des carburants. Les acteurs du marché, comme *Indicata* (spécialisé dans l'analyse des données automobiles) ou *La Centrale* (plateforme de vente de véhicules d'occasion), jouent un rôle clé en fournissant des indicateurs précis sur les tendances d'achat et les délais de vente.

