Vinted, Leboncoin : comment savoir si ce que vous voulez acheter a été volé ?
Après les pillages du 17 octobre, des objets volés ont surgi sur Vinted et Leboncoin. Une étude australienne indique que les voleurs revendent davantage en ligne, autour d’un tiers du prix neuf.
Le 17 octobre 2026, des pillages de magasins en France ont entraîné la revente massive d’objets volés sur les plateformes Vinted et Leboncoin. Les annonces proposaient des produits comme des vêtements, parfums ou cosmétiques à des prix très bas, parfois avec des mentions explicites comme « maquillage du 17 pas cher » ou « volé le 17 ». Le gouvernement français a réagi en convoquant ces plateformes, qui affirment appliquer une politique de « tolérance zéro » face à ce phénomène. Les criminologues soulignent que les voleurs privilégient de plus en plus la revente en ligne, un moyen jugé simple et rapide pour écouler leur butin.
Une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Australie-Occidentale et de l’université Edith Cowan, publiée en 2025 dans le Journal of Criminology, révèle que les voleurs revendent davantage leurs biens en ligne qu’auparavant. Sur 107 personnes interrogées en garde à vue à Perth en 2022, 11 % des voleurs de l’année avaient revendu leur butin à des inconnus sur Internet, contre seulement 2 % dans une enquête similaire de 2012. Les plateformes comme Facebook Marketplace étaient les plus utilisées. Les voleurs estiment obtenir en moyenne un tiers du prix neuf de l’objet, et la majorité (60 %) revendent en moins de 24 heures. Certains adaptent leurs annonces pour rassurer les acheteurs, comme réinitialiser les téléphones ou préciser la taille des vêtements.
Pour éviter d’acheter un bien volé, plusieurs indices doivent alerter. Un prix anormalement bas, autour d’un tiers du prix neuf, est un premier signal. Pour un vélo, vérifiez le numéro de cadre, obligatoire depuis 2021 en France. Ce numéro peut être vérifié sur le site de l’association APIC pour savoir s’il a été déclaré volé. Un vélo récent sans ce marquage doit éveiller des soupçons. Pour les vêtements ou cosmétiques, méfiez-vous des étiquettes de magasin découpées, souvent retirées par les voleurs pour cacher l’origine de l’article. Pour un smartphone, comparez le numéro IMEI (obtenu en composant *#06#) avec celui de la boîte et des réglages. Un iPhone encore lié à un compte iCloud d’une autre personne est également suspect.
Acheter un bien en sachant qu’il est volé constitue un recel en France, passible jusqu’à cinq ans de prison. Une étude de 2023, publiée dans *Global Crime* et menée auprès de 1 276 utilisateurs de sites d’occasion dans trois pays, montre que 4 % des acheteurs étaient prêts à acheter un objet même en le croyant volé. Les chercheurs recommandent aux plateformes de renforcer les contrôles d’identité des vendeurs et d’améliorer les outils de signalement pour les acheteurs. Des intelligences artificielles pourraient aussi être utilisées pour repérer les annonces suspectes en analysant les photos, descriptions ou profils des vendeurs.

