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C’est un signe de plus de la guerre du futur : les USA créent un commandement militaire dédié aux drones, robots et systèmes autonomes

Numerama · mis à jour 2 oct.

Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, a annoncé ce mercredi 30 septembre 2026 la création d'un commandement à quatre étoiles consacré aux drones et aux systèmes autonomes, prévu pour le 1er octobre 2027..

Nouveau commandement militaire

Les États-Unis ont annoncé la création d’un commandement militaire entièrement dédié aux drones, robots et systèmes autonomes, appelé Autonomous Warfare Command (AUTOWARCOM). Ce commandement sera dirigé par un général à quatre étoiles, le grade le plus élevé en temps de paix dans l’armée américaine. Son lancement est prévu pour le 1er octobre 2027, sous réserve de l’approbation du Congrès. Il aura pour mission de superviser tous les drones et systèmes autonomes utilisés par les différentes branches des forces armées américaines. Ce commandement disposera de son propre budget, de ses effectifs dédiés et de la capacité d’acheter du matériel directement. Cette initiative s’inscrit dans une série de réformes visant à moderniser l’armée américaine face aux nouvelles formes de conflit.

Contexte et évolution

La création de l’AUTOWARCOM reflète une évolution majeure des stratégies militaires. Depuis vingt ans, les États-Unis ont progressivement mis en place des commandements spécialisés pour des domaines comme le cyberespace (USCYBERCOM, créé en 2009) ou l’espace (USSPACECOM, recréé en 2019). Cette tendance montre que la guerre ne se limite plus aux champs de bataille traditionnels, mais intègre désormais des technologies avancées. Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a souligné que le rythme des innovations technologiques dépasse celui des structures militaires existantes, nécessitant une adaptation rapide.

Objectifs stratégiques

Pete Hegseth a justifié cette réforme en s’appuyant sur les enseignements du conflit russo-ukrainien. Selon lui, une stratégie basée sur des armes coûteuses et produites en faible quantité n’est plus suffisante. Les États-Unis doivent désormais miser sur des drones produits en masse, à bas coût, et suffisamment nombreux pour être sacrifiés au combat. L’objectif est de rendre l’ennemi plus vulnérable face à la perte de ces appareils, tout en maintenant un avantage technologique. Hegseth a également insisté sur la nécessité d’une adaptation rapide, car l’avantage revient à l’armée capable de se renouveler le plus vite.

Projet pilote Agincourt

Avant le lancement officiel de l’AUTOWARCOM, le Pentagone a lancé un projet pilote nommé Agincourt, en référence à la bataille de 1415 où les archers anglais ont vaincu la chevalerie française. Ce projet, confié au bureau DRPM-UxS créé en juin 2026, vise à tester une nouvelle méthode d’acquisition de matériel militaire appelée « acquisition de combat ». Cette approche repose sur des cycles courts où militaires, ingénieurs et entreprises collaborent étroitement. Les décisions et les budgets sont décentralisés au plus près des unités sur le terrain. Seuls les systèmes éprouvés en exercice ou en situation réelle seront produits en masse. Deux responsables pilotent ce projet : Owen West, ancien Marine et responsable de la Defense Innovation Unit (DIU), et Max Strasiser, sous-officier des Navy SEAL spécialisé en robotique.

Étude Meridian et acteurs clés

En parallèle, Pete Hegseth a lancé une étude de 120 jours appelée Meridian, destinée à définir les besoins futurs de l’armée américaine en matière d’armement. Cette étude est codirigée par trois personnalités : Elon Musk (patron de SpaceX), Palmer Luckey (cofondateur d’Anduril) et Newt Gingrich (ancien président républicain de la Chambre des représentants). Cependant, cette nomination suscite des critiques, car SpaceX et Anduril ont déjà des contrats de plusieurs milliards de dollars avec le Pentagone. Certains y voient un risque de conflit d’intérêts, d’autant que Musk et Luckey n’ont jamais servi dans l’armée. L’étude vise à anticiper les besoins technologiques des prochaines décennies.

Ce que ça pourrait changer

À ce stade, l’AUTOWARCOM n’a ni commandant désigné, ni budget alloué, ni effectifs définis. Le mémorandum signé par Pete Hegseth donne 30 jours au bureau *DRPM-UxS* pour présenter un plan d’action détaillé et un calendrier précis, en collaboration avec le chef d’état-major interarmées. Les prochaines étapes dépendront donc des décisions du Congrès et de la capacité du Pentagone à structurer cette nouvelle entité. Cette réforme s’inscrit dans un contexte où les États-Unis cherchent à maintenir leur avance technologique face à des adversaires comme la Chine ou la Russie, tout en évitant les pièges d’une course aux armements coûteuse et peu efficace.

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