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« Conçu pour délivrer de la masse » : Anduril dévoile Thunder, son hélicoptère d’attaque sans pilote

Numerama · mis à jour il y a 17 j

L'entreprise américaine Anduril lève le voile sur Thunder, un aéronef à décollage vertical autonome pensé pour accompagner les hélicoptères d'attaque au plus près du sol. Objectif affiché : sortir les équipages de la zone la plus meurtrière du champ de bataille moderne..

Présentation de Thunder

L’entreprise américaine Anduril a dévoilé Thunder, un hélicoptère d’attaque sans pilote, lors du salon aéronautique de Farnborough le 20 juillet 2026. Thunder est un aéronef classé dans la catégorie Group 5, réservée aux drones de plus de 600 kg volant à haute vitesse, selon la classification de l’armée américaine. Conçu pour voler en formation avec des appareils habités, il vise à réduire les risques pour les équipages en les éloignant des zones les plus dangereuses du champ de bataille. Thunder est un tiltrotor hybride-électrique, capable de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère, puis de passer en configuration voilure fixe pour gagner en autonomie et en vitesse lors de ses déplacements.

Fonctionnalités clés

Thunder se distingue par sa soute modulaire permettant d’embarquer différents types de munitions selon la mission. Il peut transporter jusqu’à dix missiles air-sol de type Hellfire ou JAGM, seize effets aériens largables comme l’Altius-600, ou encore 76 roquettes de 70 mm. Une baie secondaire est dédiée à la lutte anti-drone. L’entreprise Anduril souligne que Thunder est conçu pour délivrer de la masse, c’est-à-dire augmenter significativement la capacité de feu d’une unité aérienne sans exposer davantage de pilotes. Par exemple, une flotte composée d’un appareil habité et de plusieurs Thunder pourrait tripler son armement disponible, tout en réduisant les coûts par rapport à une flotte entièrement pilotée.

Autonomie et technologie

L’autonomie de Thunder repose sur Lattice, un logiciel de commande de mission développé par Anduril et déjà utilisé sur d’autres plateformes du groupe. Ce logiciel gère la navigation en formation, l’évitement d’obstacles et la fusion des données des capteurs pour maintenir une image tactique commune entre appareils pilotés et non pilotés. Cette technologie permet de maintenir une coordination efficace même en cas de dégradation du GPS ou des communications. Thunder peut s’auto-déployer sur de longues distances ou être transporté dans un conteneur maritime standard, facilitant son déploiement par air, route, rail ou mer.

Contexte militaire

L’annonce de Thunder s’inscrit dans un contexte précis pour l’aviation d’attaque américaine. L’armée de terre américaine a retiré progressivement son hélicoptère de reconnaissance armée OH-58D Kiowa Warrior au cours de la dernière décennie. Elle a tenté de le remplacer par le programme Future Attack Reconnaissance Aircraft (FARA), abandonné en 2024. Thunder offre une solution robotique pour répondre au besoin de l’armée américaine en matière d’opérations à basse altitude, avec un rayon d’action et une vitesse comparables au futur Cheyenne II, avec lequel il devrait être associé à l’avenir.

Ce que ça pourrait changer

Anduril prévoit un premier vol de démonstration de Thunder en 2027. Ce calendrier s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des capacités aériennes militaires, notamment pour pallier le retrait d’hélicoptères de reconnaissance. Le développement de Thunder s’appuie sur une collaboration avec le constructeur californien *Archer Aviation*, spécialisé dans les aéronefs à décollage vertical. Cette innovation illustre une tendance croissante dans le domaine militaire : l’intégration de drones autonomes pour compléter les flottes d’appareils habités, tout en réduisant les risques pour les équipages.

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