Des sculptures en bois vieilles de 10 500 ans et réalisées par des chasseurs-cueilleurs mésolithiques ont été découvertes dans un lac allemand
On imagine les derniers chasseurs-cueilleurs d'Europe plantant des campements légers, vite montés et vite défaits. Des vestiges remontés du fond d'un lac allemand brouillent cette image un peu trop simple.
Des archéologues ont mis au jour des sculptures en bois vieilles de 10 500 ans dans un lac situé en Allemagne. Cette découverte, réalisée par des équipes de chercheurs, témoigne de la présence de communautés de chasseurs-cueilleurs au Mésolithique, une période préhistorique située entre le Paléolithique (âge de la pierre taillée) et le Néolithique (âge de la pierre polie). Le Mésolithique s'étend approximativement de 10 000 à 5 000 ans avant notre ère, une époque où les humains vivaient encore principalement de la chasse, de la pêche et de la cueillette, avant l'émergence de l'agriculture. Les objets découverts, bien que fragiles, ont été préservés grâce à l'environnement humide du lac, qui a limité leur dégradation naturelle. Cette trouvaille est exceptionnelle car le bois se conserve rarement aussi longtemps, contrairement aux outils en pierre ou en os.
Les sculptures en bois ont été réalisées par des groupes de chasseurs-cueilleurs, des sociétés nomades ou semi-nomades qui ne maîtrisaient pas encore l'agriculture ni l'élevage. Ces communautés vivaient en Europe du Nord à la fin de la dernière période glaciaire, alors que le climat commençait à se réchauffer. Leur mode de vie reposait sur la chasse d'animaux comme le cerf ou le sanglier, ainsi que sur la pêche dans les lacs et les rivières. La création d'objets artistiques en bois, comme ces sculptures, révèle une capacité cognitive et artistique avancée. Ces œuvres pourraient avoir eu une fonction symbolique, religieuse ou simplement décorative, bien que leur usage exact reste difficile à déterminer sans contexte supplémentaire. Leur existence prouve que ces populations possédaient un sens esthétique et une maîtrise technique du travail du bois.
Cette découverte est d'une grande importance pour les archéologues, car elle apporte un éclairage nouveau sur les capacités culturelles et artistiques des chasseurs-cueilleurs du Mésolithique. Jusqu'à présent, les traces de leur vie quotidienne étaient principalement limitées à des outils en pierre, en os ou en bois non sculpté. Les sculptures en bois, bien que rares, montrent que ces sociétés avaient des pratiques artistiques complexes. Elles soulignent également l'importance des milieux humides, comme les lacs, pour la préservation des artefacts organiques. Cette trouvaille pourrait inciter les chercheurs à revisiter d'autres sites similaires en Europe, où des conditions de conservation favorables pourraient cacher d'autres trésors archéologiques.
Les sculptures ont été datées de 10 500 ans, une période charnière dans l'histoire climatique de la Terre. À cette époque, l'Europe sortait de la dernière période glaciaire, un épisode froid qui avait duré des dizaines de milliers d'années. Le réchauffement progressif du climat a permis l'expansion des forêts et la diversification des écosystèmes, offrant de nouvelles ressources aux groupes humains. Les lacs, comme celui où les sculptures ont été découvertes, devenaient des zones riches en poissons et en gibier, attirant les communautés de chasseurs-cueilleurs. Ce changement climatique a également influencé leurs modes de vie, les poussant à s'adapter à de nouveaux environnements et à développer de nouvelles techniques de survie.
Pour déterminer l'âge des sculptures en bois, les chercheurs ont utilisé des méthodes de datation scientifique, notamment la *datation au carbone 14*. Cette technique repose sur la mesure de la quantité de carbone 14, un isotope radioactif du carbone, présent dans les matériaux organiques. Le carbone 14 se désintègre à un rythme constant après la mort d'un organisme, ce qui permet d'estimer l'âge d'un échantillon en comparant le taux de désintégration résiduel à celui d'un échantillon de référence. Dans ce cas, la datation a confirmé que les sculptures dataient bien de 10 500 ans, avec une marge d'erreur généralement inférieure à 100 ans. Cette méthode est couramment utilisée en archéologie pour dater des objets allant jusqu'à 50 000 ans.

