Cisjordanie: comment les écoliers palestiniens sont devenus des cibles pour les colons israéliens
En Cisjordanie occupée, les attaques contre les écoles ont augmenté ces derniers mois. L'objectif des colons israéliens est de pousser les familles à partir, en faisant planer les menaces sur les enfants..
L'article se déroule dans le village d'al-Mughayyir, situé en Cisjordanie occupée, au nord-est de Ramallah. La Cisjordanie est un territoire palestinien sous occupation israélienne depuis 1967, où vivent environ 3 millions de Palestiniens. Ce village est isolé et entouré d'oliviers, symboles de la vie rurale palestinienne. Les écoles y sont des cibles fréquentes en raison de leur rôle central dans la vie communautaire. La rentrée scolaire 2026 y est marquée par une atmosphère de peur, avec des clôtures de barbelés et des portails renforcés autour des établissements, reflétant une militarisation croissante de l'espace.
Depuis début 2026, six personnes, dont trois élèves de l'école d'al-Mughayyir, ont été tuées lors d'attaques attribuées à des colons israéliens. En avril 2026, une jeune fille de 14 ans a été abattue par un colon devant les grilles de l'école. Deux autres élèves ont été tués par les forces israéliennes au cours de l'été 2026. Ces événements illustrent une escalade de la violence contre les civils palestiniens, notamment les enfants, dans un contexte où les colons agissent avec une impunité accrue. Les attaques visent délibérément les écoles, lieux symboliques de résistance et de transmission culturelle.
Les colons israéliens sont des civils israéliens s'installant en Cisjordanie, souvent dans des avant-postes illégaux selon le droit international et même la loi israélienne. Ces avant-postes, apparus de manière informelle, se multiplient autour des villages palestiniens comme al-Mughayyir. Depuis 2026, les colons sont protégés par l'armée israélienne, ce qui a conduit à une augmentation des attaques contre les Palestiniens. Une commission d'enquête des Nations unies a estimé en juin 2026 que ces attaques visent à chasser les Palestiniens de leurs terres via une stratégie coercitive instrumentalisant les enfants.
Les élèves de l'école d'al-Mughayyir vivent dans la peur constante d'attaques. Certains parents refusent de renvoyer leurs enfants à l'école, tandis que d'autres les accompagnent pour les rassurer. Les consignes de sécurité enseignent aux enfants de ne pas paniquer ni crier en cas d'approche de colons. Les pupitres vides dans les salles de classe témoignent de l'absentéisme croissant. Les parents, comme Haroon Bishara, soulignent que cette situation prive les enfants d'un avenir normal, les colons cherchant à rendre leur présence insupportable sur leurs terres.
Les attaques contre les enfants palestiniens s'inscrivent dans une campagne plus large visant à les chasser de leurs terres. En juillet 2026, le fils d'un éleveur de moutons, Sami Abu Rahma, a été blessé par balle alors qu'il jouait près de la ferme familiale. Les colons ciblent les fermes, les pâturages et les écoles pour fragiliser les communautés locales. Les parents palestiniens, comme Sami Abu Rahma, expriment leur désespoir face à l'impuissance à protéger leurs enfants, décrivant une situation où les colons veulent leur faire sentir qu'il n'y a plus d'avenir possible en Cisjordanie.
Selon le droit international, les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales. Les avant-postes de colons, bien que contraires à la loi israélienne, se multiplient avec la protection de l'armée. Les Nations unies ont documenté en juin 2026 que ces attaques relèvent d'une stratégie délibérée pour chasser les Palestiniens. Malgré cela, les colons agissent avec une impunité croissante, renforcée par le soutien militaire. Les parents et les enseignants, comme Hadi al-Naasan, un ambulancier, constatent que la situation s'est dégradée en 2026, avec un nombre accru de victimes et de blessés parmi les enfants.

