Des milliers d’arbres doivent être abattus au parc national du Lac-Témiscouata
Ces arbres menacent la sécurité des utilisateurs du parc, selon la Sépaq..
La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), gestionnaire du parc national du Lac-Témiscouata, procède à l'abattage de plusieurs milliers d'arbres jusqu'à la fin octobre 2026. Cette opération est justifiée par deux raisons principales : d'abord, de nombreux arbres, principalement des sapins baumiers, sont affaiblis par des insectes ou des maladies, comme la tordeuse des bourgeons de l'épinette, un petit papillon dont les larves se nourrissent des aiguilles des conifères. Ensuite, ces arbres en mauvais état représentent un danger pour les campeurs, car ils pourraient tomber sur les sites de camping, notamment ceux situés près du camping de l'Anse-à-William. Sur les 81 sites touchés, une cinquantaine feront l'objet de coupes totales, c'est-à-dire que tous les arbres seront retirés. Environ 10 000 à 15 000 arbres pourraient être abattus, bien que ce nombre soit difficile à préciser en raison de leur taille variable.
L'opération est menée en partenariat avec la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, car le site présente un potentiel archéologique. Le coût total du projet est estimé à 50 000 dollars. Le Groupement forestier du Témiscouata, une organisation locale basée à Auclair, récupère le bois coupé pour le vendre à des scieries et usines forestières voisines. Cette récupération permet d'éviter le gaspillage et de donner une seconde vie au bois, qui sera utilisé pour la fabrication de pâtes et papiers ou de bois d'œuvre. Plusieurs entreprises forestières se trouvent à proximité du parc, ce qui facilite cette démarche.
Après l'abattage, un reboisement sera effectué au printemps 2027 avec des essences d'arbres plus résistantes aux changements climatiques. Parmi les espèces choisies figurent le sorbier d'Amérique, le pin blanc, le chêne rouge et l'érable à sucre. Ces arbres sont sélectionnés pour leur capacité à s'adapter aux nouvelles conditions environnementales, comme les périodes de sécheresse ou la présence d'espèces envahissantes. La Sépaq collabore avec des chercheurs universitaires pour optimiser le choix des arbres à planter et à couper. L'objectif est de favoriser une régénération forestière saine et durable, en tenant compte des défis posés par le climat. Cette approche est comparée à un jardinage des forêts, où l'intervention humaine permet de maintenir des écosystèmes équilibrés.
Le problème des arbres dangereux n'est pas isolé au parc national du Lac-Témiscouata. René Charest, chef de services et spécialiste en conservation pour la Sépaq, indique que des abattages similaires ont également eu lieu dans d'autres parcs nationaux du Québec, comme celui du *Mont-Orford* et celui des *Îles-de-Boucherville*. Ces interventions reflètent une tendance plus large dans la gestion des forêts publiques, où les gestionnaires doivent agir pour préserver la santé des écosystèmes face aux menaces croissantes, notamment celles liées aux changements climatiques. Ces actions s'inscrivent dans une logique de *foresterie durable*, où la protection des visiteurs et la préservation de l'environnement sont prioritaires.

