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Un rapport de l'IGAS révèle une hausse préoccupante de la mortalité infantile en France

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 24 j

Plus de quatre bébés morts pour mille naissances, la mortalité infantile augmente fortement en France, son taux est désormais l'un des plus mauvais à l'échelle de l'Union européenne. Grossesses tardives, inégalités sociales et territoriales, les explications sont multiples selon le rapport..

Rapport IGAS alarmant

Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), rendu public en août 2026, révèle une hausse préoccupante de la mortalité infantile en France. Selon ce document, la France compte désormais plus de quatre décès de bébés pour 1 000 naissances, un taux qui place le pays parmi les plus mauvais de l’Union européenne. Ce chiffre contraste avec la moyenne européenne de 3,3 décès pour 1 000 naissances en 2024. Le rapport souligne que si la France avait atteint cette moyenne, 529 décès d’enfants de moins d’un an auraient pu être évités. Avec les performances de l’Italie ou du Portugal (2,5 décès pour 1 000 naissances), ce sont même 1 057 vies qui auraient pu être sauvées. L’IGAS est une institution publique française chargée d’évaluer les politiques sociales et de santé, notamment dans les domaines de la périnatalité et des inégalités territoriales.

Causes multiples identifiées

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation de la mortalité infantile, selon le rapport. Parmi eux, les grossesses tardives sont pointées du doigt : les femmes ayant un enfant après 35 ans présentent des risques accrus de complications pendant la grossesse ou l’accouchement. Les inégalités sociales jouent également un rôle majeur, avec des disparités importantes entre les territoires et les milieux socio-économiques. Par exemple, les régions rurales ou défavorisées disposent souvent de moins de structures médicales spécialisées, comme les unités de réanimation néonatale, qui prennent en charge les bébés prématurés ou malades. À Bordeaux, une telle unité accueille chaque année entre 200 et 300 prématurés, illustrant l’importance des ressources locales. Le rapport suggère aussi que des retards dans l’accès aux soins, notamment en période estivale, pourraient aggraver la situation.

Silence initial et révélation

Le rapport de l’IGAS, remis au ministère de la Santé six mois avant sa publication, n’a été rendu public que grâce à une fuite dans la presse, notamment via Le Canard enchaîné. Cette révélation tardive interroge sur la transparence des institutions et la gestion des alertes sanitaires en France. Le ministère de la Santé, dirigé à l’époque par Emmanuel Macron dans le cadre d’un réarmement démographique (une politique visant à relancer la natalité), n’a pas communiqué immédiatement sur ce sujet sensible. La mortalité infantile est un indicateur clé de la santé publique, reflétant à la fois la qualité des soins prénatals, l’accès aux services médicaux et les conditions socio-économiques des familles.

Comparaisons européennes

En 2024, la France se classe parmi les pays européens les moins performants en matière de mortalité infantile, derrière des nations comme le Portugal (2,5 pour 1 000) ou la Suède (2,1 pour 1 000), mais aussi derrière des pays voisins comme l’Allemagne (3,2 pour 1 000). Cette situation est d’autant plus préoccupante que la France a longtemps été considérée comme un modèle en Europe pour son système de santé. Les écarts entre pays s’expliquent par des différences dans l’organisation des soins, l’accès aux technologies médicales et les politiques de prévention. Par exemple, certains pays nordiques investissent davantage dans les soins prénatals et les réseaux de santé territoriale, réduisant ainsi les risques pour les nouveau-nés.

Ce que ça pourrait changer

L’augmentation de la mortalité infantile en France soulève des questions sur l’efficacité des politiques publiques en matière de santé maternelle et infantile. Elle met en lumière les *déserts médicaux*, ces zones géographiques où l’accès à un médecin ou à un hôpital est difficile, notamment dans les territoires ruraux ou certaines banlieues. Le rapport de l’IGAS pourrait servir de base à des réformes visant à améliorer l’accès aux soins pour les femmes enceintes et les nouveau-nés, comme le renforcement des *maisons de naissance* (structures alternatives aux hôpitaux pour les accouchements à bas risque) ou l’augmentation des effectifs dans les services de néonatologie. Ces mesures s’inscriraient dans une logique de *santé publique*, où l’État cherche à réduire les inégalités territoriales et sociales.

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