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Géopolitique

Soutien à Palestine Action : les livres de Sally Rooney retirés de la vente au Royaume-Uni

Courrier International · mis à jour il y a 22 j

Soutien fervent de l’organisation de désobéissance civile Palestine Action, déclarée illégale outre-Manche, la romancière irlandaise ne peut plus se permettre de toucher les recettes des ouvrages vendus dans le pays. Au risque de tomber sous le coup de la loi antiterroriste britannique..

Auteure engagée

Sally Rooney, romancière irlandaise de 35 ans originaire du comté de Mayo, est une autrice à succès dont les livres se sont vendus à plus de 2 millions d’exemplaires au Royaume-Uni, dont la moitié pour son roman Normal People. Elle est connue pour son engagement politique, notamment en faveur de la cause palestinienne. En août 2025, elle avait publiquement déclaré son soutien à Palestine Action, un groupe militant britannique prônant l’action directe pour dénoncer l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Dans une tribune publiée par l’Irish Times, elle avait affirmé : « Je soutiens Palestine Action, si cela fait de moi un soutien du terrorisme, peu importe. Je le dis clairement, j’entends utiliser les fonds issus de mon travail pour soutenir l’action directe contre le génocide. » Son engagement a des répercussions concrètes sur sa carrière et ses revenus.

Groupe militant ciblé

Palestine Action est une organisation britannique de désobéissance civile fondée en 2020. Elle se présente comme un mouvement militant non violent, mais ses méthodes (comme des occupations de sites liés à l’industrie de l’armement israélien) ont été qualifiées d’illégales par les autorités britanniques. En 2025, le gouvernement du Royaume-Uni a inscrit Palestine Action sur sa liste des organisations terroristes en vertu du Terrorism Act, une loi antiterroriste britannique. Cette classification interdit tout soutien financier ou logistique à ce groupe, sous peine de sanctions pénales. Sally Rooney, en affichant son soutien à cette organisation, s’expose donc à des risques juridiques, notamment la confiscation des revenus générés par ses livres vendus au Royaume-Uni.

Retrait des livres

Face à cette situation, Sally Rooney et son éditeur britannique Faber & Faber ont annoncé, le 15 octobre 2026, l’arrêt de la vente de ses livres au Royaume-Uni. Dans un communiqué, l’autrice précise que cette décision résulte d’un processus de consultation et qu’elle y consent pleinement. Les exemplaires déjà disponibles en librairie pourront être écoulés, mais aucun réassort ne sera effectué. Cette mesure vise à éviter que les recettes des ventes ne soient indirectement utilisées pour financer une organisation classée comme terroriste par la loi britannique. Les livres de Rooney restent disponibles en Irlande et dans d’autres pays, mais leur distribution au Royaume-Uni est désormais suspendue.

Conséquences légales

Cette décision s’inscrit dans le cadre du Terrorism Act britannique, une loi adoptée en 2000 et renforcée depuis pour lutter contre le financement du terrorisme. Selon cette législation, toute personne ou entité fournissant des fonds, des biens ou des services à une organisation classée comme terroriste peut être poursuivie pénalement. Les revenus générés par les ventes de livres sont considérés comme des fonds potentiellement utilisables par l’autrice. En retirant ses ouvrages du marché britannique, Sally Rooney et son éditeur évitent donc de tomber sous le coup de cette loi, qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison. Cette affaire illustre les tensions entre liberté d’expression et cadre légal dans un contexte de conflit géopolitique.

Ce que ça pourrait changer

L’annonce de Sally Rooney a suscité des réactions contrastées. Certains saluent son engagement en faveur de la cause palestinienne, tandis que d’autres critiquent son rapprochement avec une organisation jugée radicale. Son éditeur, *Faber & Faber*, a souligné que cette décision était avant tout une mesure de précaution pour se conformer à la loi britannique. Cette affaire soulève des questions plus larges sur l’influence des mouvements militants sur les industries culturelles et les limites de la liberté artistique. Elle met également en lumière les défis auxquels sont confrontés les auteurs engagés dans des causes politiques, surtout lorsque celles-ci entrent en conflit avec les législations nationales.

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