En mer Noire, la Russie escalade aux abords de l’OTAN
Sept navires ont été attaqués au large de la Roumanie et de la Bulgarie au mois d’octobre L’article En mer Noire, la Russie escalade aux abords de l’OTAN est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le 15 octobre 2026, deux navires chimiquiers, le Wine Trader battant pavillon de Saint-Marin et le Yara J sous pavillon des Comores, ont été attaqués par des drones au large des côtes roumaines en mer Noire. Le Wine Trader, en route vers le port roumain de Sulina près de la frontière ukrainienne, a pris feu et huit membres d'équipage restent portés disparus. Ces attaques s'inscrivent dans une série de sept incidents similaires depuis le début du mois d'octobre 2026 dans les eaux territoriales de la Roumanie et de la Bulgarie. Les navires se trouvaient dans une zone sous souveraineté roumaine, membre de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), ce qui rend ces attaques particulièrement sensibles sur le plan géopolitique.
La Russie est suspectée d'être à l'origine de l'ensemble des attaques de navires recensées depuis le 1er octobre 2026 en mer Noire. Bien que Moscou n'ait pas officiellement revendiqué ces actions, le président roumain Nicușor Dan a directement accusé la Russie lors d'une déclaration à Bruxelles, affirmant que ces attaques visaient à déstabiliser la Roumanie et la Bulgarie et à affaiblir leur soutien à l'Ukraine. Les autorités roumaines ont souligné que ces actes constituaient une atteinte à leur souveraineté. Cependant, la Russie a nié toute implication directe, sans pour autant fournir d'explications alternatives. Ces déclarations illustrent la difficulté à attribuer clairement des attaques hybrides, où les preuves techniques manquent souvent.
Ces attaques s'inscrivent dans la continuité de la guerre que la Russie mène depuis 2022 contre les infrastructures portuaires et les exportations ukrainiennes de céréales. Depuis l'été 2023, un corridor céréalier avait été établi par l'Ukraine le long des côtes des pays membres de l'OTAN pour sécuriser le transport maritime. Cependant, les navires commerciaux sont désormais ciblés de manière inédite au large de la Roumanie et de la Bulgarie, deux pays frontaliers de l'Ukraine et membres de l'OTAN. La liberté de mouvement de la Russie en mer Noire s'est réduite à environ 25 % de l'espace maritime, contre près de 90 % en février 2022, limitant ses capacités d'action directe en mer.
Depuis septembre 2026, l'Europe connaît une augmentation significative des actions hybrides attribuées à la Russie, définies comme des attaques combinant des méthodes militaires, cyber ou de désinformation pour déstabiliser un adversaire sans engagement direct. Selon les données relevées, 40 incidents de ce type ont été recensés, dont 23 impliquant des drones ou aéronefs dans l'espace aérien européen, 7 attaques contre des navires marchands en mer Noire, 6 opérations de sabotage (dont 2 suspectées et 4 non attribuées), 3 incendies et une ingérence présumée. La Moldavie, la Roumanie, la Pologne et la Bulgarie sont les pays les plus touchés, avec 24 et 5 incidents respectivement. Ces actions visent à tester les réactions des pays européens et à affaiblir leur cohésion.
Les attaques en mer Noire soulèvent des questions sur la capacité de l'OTAN à protéger ses membres face à des menaces indirectes. La Roumanie, pays membre de l'OTAN, a dénoncé une tentative de déstabilisation par la Russie, tandis que les autorités européennes et américaines doivent évaluer les réponses à apporter. La réduction des capacités militaires russes en mer Noire pousse Moscou à privilégier des frappes depuis la terre ferme, comme des missiles ou des drones, pour maintenir une pression sur les infrastructures et les routes commerciales. Ces tensions illustrent l'escalade progressive du conflit et ses répercussions sur les pays voisins de l'Ukraine.

