Trump serait-il prêt à reconnaître de facto la Corée du Nord comme une puissance nucléaire ?
Faute de succès en Iran, Trump pourrait faire des concessions à Pyongyang lors d’une rencontre susceptible d’avoir lieu d’ici la fin de l’année. L’article Trump serait-il prêt à reconnaître de facto la Corée du Nord comme une puissance nucléaire ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Donald Trump, président des États-Unis depuis 2025, envisage une rencontre bilatérale avec Kim Jong-un, dirigeant de la Corée du Nord, d’ici la fin de l’année 2026. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où Trump peine à résoudre d’autres crises internationales, comme le dossier iranien ou le conflit russo-ukrainien. Il pourrait même aller jusqu’à reconnaître de facto le statut nucléaire de la Corée du Nord, c’est-à-dire accepter officiellement que ce pays possède l’arme nucléaire sans pour autant le valider juridiquement. Cette approche marquerait un changement par rapport à ses prédécesseurs, qui cherchaient à obtenir la dénucléarisation de Pyongyang. Trump a déjà rencontré Kim Jong-un à trois reprises pendant son premier mandat (2017-2021), dont un sommet historique en juin 2019 où il est devenu le premier président américain à fouler le sol nord-coréen depuis la guerre de Corée (1950-1953).
La stratégie adoptée par Trump lors de son premier mandat, combinant pression économique et négociations directes avec Kim Jong-un, n’a pas abouti à une réduction de l’arsenal nucléaire nord-coréen. Contrairement aux attentes, la Corée du Nord a continué à renforcer son programme nucléaire, devenant le pays ayant ajouté le plus grand nombre d’ogives proportionnellement à ses stocks depuis 2017, devant la Chine, l’Inde ou le Pakistan. Selon la Federation of American Scientists, Pyongyang disposerait aujourd’hui de 60 ogives nucléaires, mais Séoul estime ce chiffre entre 80 et 120. La Corée du Nord a également connu une croissance économique notable depuis 2023, avec un taux de 3,7 % en 2024, le plus élevé depuis 2016. Cette progression est notamment liée à l’augmentation de ses échanges commerciaux avec la Chine et à un partenariat stratégique avec la Russie depuis 2022, incluant des échanges de technologies militaires contre des denrées alimentaires et des aides financières.
Depuis son retour à la présidence, Trump a multiplié les gestes envers Kim Jong-un pour faciliter une nouvelle rencontre. Il a notamment réduit drastiquement les exercices militaires conjoints annuels avec la Corée du Sud, organisés traditionnellement en août. Sur les réseaux sociaux, il a partagé des photos de sa rencontre de 2019 à Hanoï, où les deux dirigeants apparaissent en train de se promener côte à côte, ainsi qu’un meme le 17 août 2026, où Kim Jong-un semble s’adresser à lui de manière informelle avec la légende : « Hey, Donald, on est cool… hein ? ». Ces actions visent à montrer une volonté de détente, mais Kim Jong-un semble peu enclin à participer à un nouveau sommet, selon le chercheur Ankit Panda de la Fondation Carnegie.
Pour la Corée du Nord, l’enjeu d’une rencontre avec Trump ne serait pas la dénucléarisation, mais l’amélioration de ses relations bilatérales avec les États-Unis. Pyongyang pourrait ainsi profiter de cette dynamique pour obtenir un assouplissement ou une levée des sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU, grâce à une amélioration simultanée de ses relations avec la Russie, la Chine et les États-Unis. Selon Ankit Panda, cette situation inédite créerait une opportunité diplomatique majeure pour la Corée du Nord. Cependant, la *Stratégie de défense nationale 2026* de l’administration Trump reconnaît que l’arsenal nucléaire nord-coréen représente une menace croissante pour le territoire américain, avec une estimation de 200 ogives nucléaires d’ici 2029, soit une multiplication par trois depuis 2026.

