Cette nouvelle arme à micro-ondes pourrait neutraliser des essaims de drones sans avoir recours à des missiles
Une arme à micro-ondes conçue pour les armées américaines neutraliserait des essaims de drones en grillant leur électronique. Elle tire tant qu'elle reçoit du courant, sans aucune munition à réapprovisionner.
Le 12 octobre 2026, l’entreprise britannique BAE Systems a présenté à Washington un démonstrateur d’arme à micro-ondes capable de neutraliser des essaims de drones en endommageant leur électronique. Contrairement aux missiles classiques, cette technologie ne nécessite pas de munitions à réapprovisionner. Elle fonctionne tant qu’elle est alimentée en électricité, ce qui en fait une solution potentiellement illimitée en nombre d’interceptions. Le système vise à répondre à la menace croissante des drones bon marché, dont les attaques épuisent les stocks d’intercepteurs traditionnels des armées occidentales. Aucune commande n’a encore été passée, mais le constructeur affirme que l’arme est prête pour un déploiement opérationnel sans développement supplémentaire.
L’arme à micro-ondes de BAE Systems a atteint le niveau 6 sur l’échelle TRL (Technology Readiness Level), indiquant qu’un prototype a été testé dans un environnement réaliste, et non uniquement en laboratoire. Les essais ont eu lieu en extérieur sur un champ de tir, où des milliards d’impulsions électromagnétiques ont été émises pour évaluer leur effet sur des cibles. Plus de 99 % des composants utilisés proviennent du commerce (COTS, pour Commercial Off-The-Shelf), ce qui simplifie la fabrication et réduit les coûts. Cette architecture permet également de changer de fréquence sans modifier la structure du système, optimisant ainsi sa flexibilité et son entretien.
Le coût par interception est l’un des principaux atouts de cette arme. Un missile intercepteur coûte des centaines de milliers d’euros, tandis qu’un drone détruit en vaut seulement quelques milliers. L’arme à micro-ondes, en revanche, ne consomme que de l’énergie électrique, ce qui lui confère un coût quasi nul par tir. Jason Casciotti, vice-président de BAE Systems chargé de l’armement, résume cette efficacité par l’expression « tant qu’il y a du courant, il y a de la défense ». Le système se décline en quatre versions : fixe (raccordée au réseau), sur remorque (pour les unités mobiles), embarquée sur un véhicule de combat ou un navire. Chaque configuration peut être adaptée avec un nombre variable de modules selon les besoins.
Cette arme à micro-ondes ne remplace pas les missiles traditionnels, mais les complète. Elle est particulièrement efficace contre des cibles lentes ou peu protégées, comme des essaims de drones bon marché. En revanche, son efficacité diminue face à des cibles rapides, lointaines ou fortement blindées. *BAE Systems* présente donc cette technologie comme une première couche de défense, à utiliser en amont des systèmes existants. Un second système, un canon d’artillerie baptisé *MDACS*, est également présenté pour faire face aux menaces les plus rapides. Les deux technologies se complètent selon la nature de la menace.

