Et maintenant la Russie s’en prend aux ponts de Kiev
Les ponts nord et sud qui enjambent le Dniepr dans la capitale ukrainienne ont été pris pour cibles par des drones russes ces trois derniers jours. Une première depuis le début de la guerre il y a près de cinq ans.
Depuis le 1er octobre 2026, la Russie a ciblé à trois reprises les ponts nord et sud de Kiev, qui enjambent le fleuve Dniepr. Ces infrastructures sont stratégiques car elles relient les deux rives de la capitale ukrainienne et supportent une partie du réseau de transports en commun, notamment la ligne verte du métro qui emprunte le pont sud. Les attaques ont été menées à l’aide de drones, des engins volants sans pilote, probablement télécommandés ou autonomes. Ces drones ont endommagé les tabliers des ponts (parties horizontales sur lesquelles circulent les véhicules) ainsi que les caténaires des trolleybus, un système de transport électrique urbain. Les frappes ont provoqué des interruptions de circulation et des embouteillages massifs, perturbant la vie quotidienne des habitants.
Les frappes contre les ponts de Kiev marquent une escalade dans la stratégie militaire russe en Ukraine. Depuis le début de la guerre à grande échelle il y a près de cinq ans, c’est la première fois que Moscou s’attaque directement à ces infrastructures civiles. Les attaques se sont intensifiées sur trois jours consécutifs, avec une quatrième frappe sur le pont sud en deux jours. Selon les médias locaux comme The Kyiv Independent et The Kyiv Post, cette campagne vise à détruire des infrastructures clés avant l’hiver, période pendant laquelle les conditions météorologiques rendent les opérations militaires plus difficiles. Les cibles incluent des infrastructures civiles, ce qui pourrait aggraver la crise humanitaire dans la capitale ukrainienne.
Les attaques ont eu des répercussions immédiates sur la vie des Kivéens. Le maire de la ville, Vitali Klitschko, a confirmé que la circulation sur les ponts endommagés était interrompue, paralysant une artère majeure de la ville. Le réseau de métro a également été perturbé, notamment la ligne verte qui traverse le pont sud. Lors de la première attaque, une rame de métro se trouvait sur le pont au moment de la frappe, illustrant les risques encourus par les civils. Les embouteillages et les perturbations des transports en commun ont aggravé les difficultés de déplacement dans une ville déjà marquée par près de cinq ans de conflit.
Cette campagne de bombardements s’inscrit dans une stratégie plus large de la Russie pour affaiblir l’Ukraine avant l’hiver. En ciblant des infrastructures civiles comme les ponts, Moscou cherche à fragiliser la logistique et les transports de Kiev, une ville de plus de 2,9 millions d’habitants. Les drones, utilisés pour ces attaques, sont des armes relativement peu coûteuses et difficiles à intercepter, ce qui les rend particulièrement efficaces pour des frappes répétées. Cette tactique pourrait aussi avoir un impact psychologique sur la population et les autorités ukrainiennes, en montrant la capacité de la Russie à frapper des cibles symboliques et stratégiques.
Les autorités ukrainiennes ont réagi avec fermeté aux attaques. Vitali Klitschko, maire de Kiev, a confirmé les dégâts et les perturbations causées par les frappes, tout en soulignant l’importance de ces infrastructures pour la ville. Les médias locaux comme *The Kyiv Independent* et *The Kyiv Post* ont relayé les informations en temps réel, fournissant des détails sur les dommages et les conséquences pour les habitants. Ces réactions illustrent la résilience de la population et des autorités face à une escalade du conflit, tout en mettant en lumière les défis logistiques et humains posés par ces nouvelles attaques.

