Économie: profitez bien de vos vacances, la rentrée sera dure!
Canicules en série, reprise des hostilités autour du détroit d'Ormuz: les perspectives économiques s'assombrissent de nouveau. Et la préparation du budget 2027 au cours de cet été va être encore plus compliquée que prévu..
En juin 2026, l’économie française et européenne semblait se redresser après des mois d’inquiétude. Selon la Banque de France, l’activité industrielle et celle des services marchands avaient progressé, tandis que le bâtiment montrait des signes de reprise. Les chefs d’entreprise anticipaient une croissance modérée pour juillet, avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) estimée à 0,2 % au deuxième trimestre 2026. Ces prévisions rassurantes faisaient suite à la fin des combats entre l’Iran et les États-Unis, qui avait permis une baisse des prix de l’énergie. En France, l’inflation était redescendue à 1,8 % en juin, contre 3,2 % en mai, grâce notamment à une chute de 4,2 % des prix de l’énergie. Cependant, cette amélioration restait fragile et dépendante de la stabilité géopolitique.
Le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, signé en juin 2026, avait permis une détente temporaire sur les marchés énergétiques. Le prix du baril de pétrole (Brent) était redescendu à environ 70 dollars, proche de son niveau d’avant le conflit déclenché le 28 février 2026. Cependant, les tensions persistaient, notamment autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole. Le 12 juillet 2026, le détroit était de nouveau fermé, provoquant une hausse immédiate des cours du pétrole à 84-85 dollars le baril. Le président américain Donald Trump avait même évoqué l’instauration d’un « péage » de 20 % sur les cargaisons, une mesure rapidement abandonnée sous la pression de son entourage. Ces incertitudes géopolitiques rappelaient que la stabilité économique restait précaire.
La Chine jouait un rôle majeur dans la stabilisation des prix du pétrole en réduisant fortement ses importations de brut. En juin 2026, ses achats avaient atteint leur plus bas niveau depuis près de dix ans. Pour y parvenir, Pékin avait puisé dans ses stocks stratégiques, limité l’activité de ses raffineries et restreint les exportations de produits pétroliers raffinés. Cette stratégie s’expliquait en partie par la croissance ralentie de son PIB, passée de 5 % au premier trimestre 2026 à 4,3 % au deuxième, soit une croissance annuelle de 4,7 % sur le premier semestre. La Chine, dont l’économie repose de plus en plus sur les véhicules électriques, montrait ainsi sa capacité à influencer les marchés énergétiques mondiaux.
Les vagues de chaleur répétées en Europe en 2025 et 2026 illustraient l’impact croissant du dérèglement climatique. En France, l’épisode caniculaire de 2003 avait déjà causé la mort de 70 000 personnes, rappelant les risques sanitaires et économiques liés aux températures extrêmes. Selon la Banque centrale européenne (BCE), les effets économiques des canicules ne se limitaient pas à des pertes immédiates. Par exemple, une sécheresse pouvait entraîner un recul de 1 % de l’activité régionale l’année même, mais jusqu’à 3 % quatre ans plus tard. Les économistes soulignaient que ces coûts étaient souvent décalés dans le temps, rendant leur mesure difficile. Les pertes cumulées pour les économies européennes pourraient atteindre 5 % à 7 % du PIB d’ici 2030, soit 210 milliards d’euros pour la France.
Face à la combinaison des tensions géopolitiques et des canicules, les finances publiques françaises se dégradaient. Le 7 juillet 2026, le comité d’alerte des finances publiques avait revu à la baisse la croissance prévue pour 2026, passant de 0,9 % à 0,7 %. Pour atteindre l’objectif d’un déficit public de 5 % du PIB, il était nécessaire de réaliser 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Selon un rapport du ministère de l’Économie publié le 15 juillet 2026, le déficit pourrait atteindre 5,9 % du PIB en 2027 et 6,8 % en 2030 si aucune mesure n’était prise. Les économistes soulignaient que la stabilisation de la dette publique avant la fin du prochain quinquennat nécessiterait une combinaison de réductions des dépenses, de mobilisation des recettes et de renforcement de la croissance.
Malgré une accalmie temporaire en juin 2026, les perspectives économiques pour la rentrée restaient sombres. Les risques géopolitiques, notamment la fermeture du détroit d’Ormuz et les tensions persistantes entre l’Iran et les États-Unis, pesaient sur les marchés énergétiques. Parallèlement, les canicules répétées et leurs impacts différés sur l’activité économique aggravaient les défis budgétaires. Les économistes et les institutions comme la Banque de France ou la BCE alertaient sur la nécessité d’anticiper ces risques, qui pourraient se traduire par des pertes de PIB, une détérioration des finances publiques et une pression accrue sur les ménages et les entreprises. La rentrée 2026 s’annonçait donc comme une période de vigilance économique.

