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La rougeole atteint un sommet aux États-Unis, quelles conséquences pour le Canada?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 9 j

Un taux de vaccination de 95 % est nécessaire pour assurer une immunité collective..

Épidémie record aux États-Unis

Les États-Unis ont enregistré 2318 cas confirmés de rougeole depuis le début de l’année 2026, dépassant ainsi le record de 2289 cas de l’année précédente, dont trois décès. Cette maladie, extrêmement contagieuse, se propage rapidement, notamment en raison d’une faible couverture vaccinale dans certaines régions. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), une agence fédérale américaine, surveillent activement la situation. La rougeole, autrefois éradiquée aux États-Unis en 2000, fait un retour alarmant, en partie à cause de l’hésitation vaccinale, c’est-à-dire le refus ou le report de la vaccination par une partie de la population. Cette tendance est aggravée par des déclarations controversées de responsables politiques, comme le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., qui remet en cause la sécurité des vaccins.

Situation au Canada

Au Canada, 1107 cas de rougeole ont été déclarés depuis janvier 2026, avec une concentration majeure dans les provinces du Manitoba (677 cas) et de l’Alberta (311 cas). Le Québec compte 28 cas, mais l’éclosion semble maîtrisée depuis plus de trois semaines. Le Canada a perdu en novembre 2025 son statut de zone exempte de rougeole, attribué par l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), après plus d’un an de transmission continue du virus. Cette perte reflète une couverture vaccinale insuffisante dans certaines régions, où le taux de vaccination chute en dessous des 90-95 %, seuil nécessaire pour garantir une immunité collective. Les voyages fréquents entre les deux pays augmentent le risque d’importation de cas depuis les États-Unis vers le Canada.

Rôle de la vaccination

La vaccination est le principal outil de lutte contre la rougeole. Le Dr Brian Ward, professeur à l’Université McGill et codirecteur du Centre d’études sur les vaccins du CUSM, souligne que le Canada a progressé en matière d’adhésion vaccinale, réduisant ainsi le nombre de cas. Cependant, des poches de faible vaccination subsistent, exposant ces régions à des flambées. Une couverture vaccinale de 95 % est indispensable pour protéger l’ensemble de la population, y compris les personnes non vaccinées ou immunodéprimées. Le Dr Ward estime que le Canada pourrait retrouver son statut d’élimination de la rougeole d’ici cinq ans, contrairement aux États-Unis, où l’hésitation vaccinale reste un frein majeur.

Risques et complications

La rougeole n’est pas une maladie bénigne : elle peut entraîner des complications graves, comme une pneumonie, une encéphalite (inflammation du cerveau) ou même la cécité. Les symptômes incluent une forte fièvre, une toux, un écoulement nasal et une éruption cutanée. Environ 30 % des cas non vaccinés nécessitent une hospitalisation, et les adultes non protégés sont particulièrement exposés à des complications neurologiques sévères. Dans 1 cas sur 1000, la maladie déclenche une réaction auto-immune contre le cerveau, pouvant laisser des séquelles permanentes dans 50 % des situations. Le Dr Ward insiste sur la gravité de ces risques, souvent sous-estimés dans le débat public.

Ce que ça pourrait changer

Le Canada et les États-Unis suivent des trajectoires opposées face à la rougeole. Le Canada, bien que vulnérable dans certaines zones, mise sur une politique vaccinale soutenue par les autorités fédérales. À l’inverse, les États-Unis, confrontés à une opposition organisée à la vaccination, pourraient perdre leur statut d’élimination de la rougeole lors d’une réévaluation prévue en novembre 2026 par l’OPS. Le Dr Ward souligne que, malgré les importations inévitables de cas via les voyages internationaux, une couverture vaccinale élevée limite la propagation endémique. La situation reste donc contrastée, avec un Canada en meilleure posture que son voisin du sud.

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