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Environnement

« L'alternative à la voiture, ce n'est pas l'électrique

Reporterre · mis à jour il y a 2 j

L'adoption massive de voitures électriques ne permettrait pas d'adapter nos mobilités aux limites planétaires, alerte un collectif de chercheurs dans le livre « Déviation ». Il est urgent, selon eux, d'organiser un ralentissement général de nos vies.

Voiture électrique insuffisante

L’article souligne que la voiture électrique, souvent présentée comme une solution écologique, ne suffit pas à résoudre les problèmes liés à l’usage massif de la voiture individuelle. Selon l’auteur, cette technologie ne remet pas en cause le modèle économique actuel basé sur la croissance, la consommation de masse et l’étalement urbain. Les véhicules électriques restent dépendants des infrastructures routières existantes, qui favorisent la congestion et la pollution indirecte liée à la production d’électricité. Par exemple, en France, 70 % de l’électricité provient encore du nucléaire et des énergies fossiles, ce qui limite l’impact écologique réel des voitures électriques. De plus, leur fabrication nécessite des ressources rares comme le lithium, dont l’extraction pose des problèmes environnementaux et sociaux dans des pays comme la Bolivie ou le Chili. L’auteur critique ainsi une approche technocentrique qui ignore les limites structurelles du système automobile.

Critique du système actuel

L’article dénonce un système automobile organisé autour de la dépendance à la voiture individuelle, qui génère des externalités négatives majeures. En France, les transports représentent 30 % des émissions de gaz à effet de serre, dont une grande partie est attribuable aux voitures. Ce système est soutenu par des politiques publiques favorisant les infrastructures routières (autoroutes, parkings) au détriment des alternatives comme les transports en commun ou le vélo. Par exemple, entre 2010 et 2020, seulement 5 % des investissements dans les infrastructures de transport ont été consacrés aux modes doux (marche, vélo) en France. L’auteur cite des études montrant que les embouteillages coûtent 100 milliards d’euros par an à l’économie française, en incluant les pertes de temps et la pollution. Ce modèle repose aussi sur une logique de surconsommation : en moyenne, une voiture est utilisée moins de 5 % de son temps et occupe 10 m² de surface publique, même à l’arrêt.

Alternatives structurelles nécessaires

Plutôt que de miser sur des solutions technologiques comme la voiture électrique, l’article propose de repenser l’organisation des villes et des déplacements à l’échelle systémique. Il cite l’exemple des villes en 15 minutes, un concept popularisé par Anne Hidalgo à Paris, où les habitants peuvent accéder à leurs besoins quotidiens (travail, courses, loisirs) en moins de 15 minutes à pied ou à vélo. Cette approche réduit la nécessité de se déplacer en voiture et favorise les modes de transport doux. L’auteur mentionne aussi des villes comme Copenhague, où 62 % des trajets domicile-travail se font à vélo grâce à des infrastructures dédiées et une politique volontariste. Il souligne l’importance de réallouer l’espace public : par exemple, à Barcelone, la création de super-îlots (zones piétonnes et végétalisées) a réduit la pollution de 40 % dans ces quartiers. Ces solutions impliquent une coordination entre urbanisme, politiques sociales et écologiques.

Rôle des pouvoirs publics

L’article insiste sur la nécessité d’une intervention forte des pouvoirs publics pour sortir du tout-voiture. Il critique les subventions aux énergies fossiles, qui s’élèvent à 7 milliards d’euros par an en France, et plaide pour des investissements massifs dans les transports en commun et les mobilités douces. Par exemple, le plan vélo français vise à tripler la part modale du vélo d’ici 2030, avec un budget de 250 millions d’euros par an. L’auteur cite également des mesures comme la zone à faibles émissions (ZFE) à Paris, qui interdit les véhicules les plus polluants dans certaines zones, réduisant ainsi la pollution de 20 % dans ces secteurs. Il souligne que ces politiques doivent s’accompagner d’une fiscalité redistributive, comme une taxe kilométrique, pour internaliser les coûts sociaux et environnementaux de la voiture individuelle. Enfin, il mentionne le rôle des collectivités locales, qui ont la compétence en matière de transports, pour impulser ces changements.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà des infrastructures, l’article met en lumière la nécessité d’un *changement culturel* pour réduire la dépendance à la voiture. Il explique que la voiture individuelle est souvent associée à des symboles de liberté, de statut social ou de réussite, ce qui rend sa remise en question difficile. Par exemple, en France, 70 % des trajets domicile-travail de moins de 5 km se font encore en voiture, alors que ces distances pourraient être couvertes en 15 à 20 minutes à vélo. L’auteur cite des études montrant que les personnes vivant dans des villes où les alternatives à la voiture sont développées (comme Amsterdam ou Tokyo) ont une perception plus positive de ces modes de transport. Il souligne que ce changement passe par une éducation dès l’école, des campagnes de sensibilisation et une valorisation des modes de vie moins dépendants de la voiture. Enfin, il mentionne l’importance des *communautés locales* et des associations pour promouvoir ces alternatives et créer des dynamiques de transition.

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