Énergie : une seule entité et un seul réseau pour les Maritimes?
Les Maritimes s’entendent pour une plus grande collaboration sur le plan énergétique..
Les premiers ministres du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard ont signé un protocole d’entente pour renforcer leur collaboration dans le domaine de l’énergie. Ce document marque leur volonté d’étudier la création d’un réseau électrique unique et d’un exploitant indépendant pour les Maritimes. L’objectif est d’améliorer la fiabilité de l’approvisionnement, de réaliser des économies et d’ajouter de la valeur pour les consommateurs des trois provinces. Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick, a souligné l’importance de cette initiative, évoquant l’esprit maritime de solidarité entre voisins partageant leurs ressources. Tim Houston, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, a confirmé que si l’étude démontre des avantages concrets, les provinces seront prêtes à adopter de nouvelles approches. Rob Lantz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, a reconnu que ces petites provinces ont longtemps fonctionné de manière indépendante, mais que cette collaboration pourrait apporter des bénéfices mutuels.
Le protocole d’entente prévoit la réalisation d’une analyse coûts-avantages pour évaluer les gains potentiels d’une meilleure planification régionale et d’une coordination opérationnelle renforcée. Cette étude explorera notamment la possibilité de créer un exploitant indépendant du réseau électrique des Maritimes. Les dirigeants visent l’élaboration d’une première feuille de route d’ici l’automne 2026, suivie de sa mise en œuvre au printemps 2027. Contrairement à un simple rapport, cette feuille de route inclura des mesures concrètes à court terme, d’abord dans le cadre des structures réglementaires existantes, puis avec des options plus complexes si nécessaire. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale canadienne pour une économie électrifiée, qui encourage la collaboration entre provinces. Les experts ayant révisé l’avenir d’Énergie NB avaient également recommandé une plus grande coopération régionale.
Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick, a présenté sa province comme un carrefour énergétique pour les Maritimes, soulignant ses atouts géographiques et techniques. Le Nouveau-Brunswick est déjà connecté aux réseaux de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Québec et des États-Unis. La province mise également sur ses compétences nucléaires, avec une centrale en activité à Point Lepreau et un projet de seconde centrale nucléaire envisagé. D’autres projets, comme un pipeline de gaz naturel entre Saint-Jean et Lévis, sont également à l’étude. Cependant, Susan Holt a reconnu que, malgré ces opportunités, le Nouveau-Brunswick pourrait manquer d’électricité dès 2028, ce qui justifie son appui à un projet controversé de centrale au gaz naturel dans le sud-est de la province. Les experts ayant révisé l’avenir d’Énergie NB ont également recommandé l’étude d’une seconde centrale nucléaire pour répondre à ces besoins.
Le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de près de 6 millions de dollars pour l’*Île-du-Prince-Édouard Energy Corporation* afin de financer des études préparatoires à la construction de deux **câbles sous-marins**. Ces câbles traverseront le détroit de Northumberland, où se trouve le pont de la Confédération, et permettront d’améliorer la sécurité énergétique de l’île. Le début de la construction est prévu pour 2028. Rob Lantz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, a expliqué que sa province dépend fortement de l’électricité importée et que cette dépendance freine sa croissance économique. L’île a dépassé la moyenne nationale en croissance économique pendant 10 des 11 dernières années, mais l’énergie représente un obstacle majeur pour son développement futur. Susan Holt a salué ce projet comme un exemple de collaboration régionale bénéfique pour les trois provinces.

