Au Brésil, l’Institut Inhotim
Ouvert au public en 2006, l’Institut Inhotim est le plus grand musée d’art contemporain à ciel ouvert au monde. Installé dans une petite ville de l’État de Minas Gerais, il accueille des œuvres d’artistes brésiliens et internationaux.
L’Institut Inhotim, situé à Brumadinho dans l’État de Minas Gerais au Brésil, est le plus grand musée d’art contemporain à ciel ouvert au monde. Ouvert au public depuis 2006, il s’étend sur 786 hectares, dont 140 hectares accessibles aux visiteurs. Ce site exceptionnel mêle art et nature, accueillant des œuvres d’artistes brésiliens comme Adriana Varejão ou internationaux comme la Japonaise Yayoi Kusama. Contrairement aux musées traditionnels, les œuvres sont exposées en plein air, intégrées à un paysage de jardins et de forêts. Depuis son ouverture, il a attiré 5 millions de visiteurs. Pour ses 20 ans, l’institut organise pour la première fois des expositions itinérantes dans d’autres villes brésiliennes, une initiative inédite pour ce musée-forêt.
L’Institut Inhotim a été créé à l’origine pour abriter la collection privée de Bernardo Paz, un homme d’affaires brésilien né en 1949, spécialisé dans les industries minières et sidérurgiques. Ce mécène a joué un rôle central dans le développement du musée, mais son image a été durablement affectée par des scandales. En 2017, il a été condamné pour blanchiment d’argent, une peine qui a ensuite été infirmée en 2020. Malgré cela, son association avec l’institut a nui à sa réputation, le poussant à quitter la présidence du conseil d’administration en 2017. Ces événements ont marqué une période trouble pour Inhotim, dont la gestion a dû être repensée.
L’histoire d’Inhotim a été marquée par plusieurs crises majeures. En 2019, la rupture du barrage de Brumadinho, une tragédie industrielle qui a causé 270 morts, a profondément affecté la région et le musée. L’année suivante, la pandémie de Covid-19 a entraîné une fermeture de huit mois, aggravant les difficultés financières et opérationnelles. Ces événements ont mis en lumière la vulnérabilité d’une institution dépendante à la fois du tourisme et de la stabilité locale. Malgré ces défis, Inhotim a su se relever, notamment grâce à une nouvelle direction et à des projets ambitieux.
En 2022, Paula Azevedo a été nommée directrice de l’Institut Inhotim avec pour mission de redonner un nouvel élan à l’institution. Elle a lancé plusieurs initiatives, dont un inventaire des œuvres créées par des artistes féminins, noirs ou amérindiens, afin de mieux les représenter. Par exemple, la galerie dédiée à la photographe Claudia Andujar, spécialiste des communautés yanomamis, a été réaménagée pour mettre en avant des artistes autochtones d’Amérique latine. Ces efforts visent à diversifier les collections et à rendre le musée plus inclusif.
Au-delà de sa vocation artistique, l’Institut Inhotim est aussi un espace dédié à la recherche scientifique. Sur ses 786 hectares, des projets étudient notamment l’impact du dérèglement climatique sur la flore locale. Un laboratoire, en partenariat avec deux universités fédérales du Minas Gerais, mène des recherches sur les graines et la biodiversité. Ce volet scientifique renforce le rôle d’Inhotim comme acteur culturel et environnemental, tout en offrant une nouvelle dimension à son public. Ces initiatives illustrent la volonté de concilier art, nature et science.
Pour marquer ses 20 ans, l’Institut Inhotim organise des expositions itinérantes dans d’autres villes brésiliennes, une première pour ce musée-forêt. Cette initiative, intitulée « À ciel ouvert, paré au voyage », symbolise une nouvelle étape pour l’institution. Elle reflète aussi une volonté de partager ses collections au-delà de ses frontières, tout en modernisant son approche. Cette célébration s’accompagne d’un réaménagement de certains espaces, après des années difficiles. L’objectif est de repositionner Inhotim comme un lieu incontournable de l’art contemporain et de la culture brésilienne.

