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Généraliste

Face à l’ONU, Trump défend son nationalisme

Le Devoir · mis à jour 22 sept.

Le président américain, fragilisé politiquement chez lui, n’a pas montré la même agressivité que l’an dernier..

Discours de Trump à l'ONU

Donald Trump a prononcé un discours à l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) à New York, où il a défendu sa politique nationaliste, souvent résumée par l’expression America First (l’Amérique d’abord). Contrairement à son intervention de l’année précédente, marquée par une agressivité plus marquée, il a adopté un ton plus modéré cette fois-ci. Il a rejeté toute idée de régulation mondiale de l’intelligence artificielle (IA), s’opposant ainsi aux appels en faveur d’une coopération internationale sur ce sujet. Trump a également menacé l’Iran d’une destruction totale en cas de besoin, tout en laissant entendre qu’un accord avec ce pays pourrait être envisagé après les élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues en novembre. Ces élections s’annoncent difficiles pour son parti, le Parti républicain, ce qui pourrait expliquer en partie son approche plus mesurée lors de ce discours.

Appels au multilatéralisme

Face à l’isolationnisme affiché par Trump, d’autres dirigeants ont défendu l’importance de la coopération internationale. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les grandes puissances, notamment les États-Unis et la Chine, à établir des mécanismes de dialogue et de transparence pour encadrer le développement de l’IA. Il a souligné la nécessité de respecter le droit international et a mis en garde contre un retour de la loi de la jungle, c’est-à-dire un monde où les conflits seraient résolus par la force plutôt que par des règles communes. Emmanuel Macron, président de la France, a également plaidé pour une société internationale civilisée, défendant le rôle de l’ONU comme garant de cette stabilité. Il a conclu son discours par un Vive l’ONU chaleureusement applaudi, marquant son attachement à cette institution dans un contexte de tensions géopolitiques.

Accord sur le Groenland

Immédiatement après son discours à l’ONU, Donald Trump a participé à la signature d’un accord entre les États-Unis et le Danemark concernant le Groenland, un territoire autonome danois. Cet accord met fin à une crise diplomatique entre les deux pays, après que Trump avait menacé de rattacher purement et simplement le Groenland aux États-Unis. Le texte prévoit la construction de deux nouvelles bases militaires américaines dans le sud et l’est du Groenland, tout en reconnaissant la souveraineté du Danemark et le droit des Groenlandais à l’autodétermination. Trump a qualifié cet accord de formidable pour tout le monde, soulignant les bénéfices supposés pour les trois parties concernées.

Régulation de l'IA

La question de la régulation de l’intelligence artificielle (IA) a occupé une place centrale lors de cette session de l’ONU. António Guterres a insisté sur la nécessité pour les pays disposant des plus grandes capacités en IA, comme les États-Unis et la Chine, d’établir des canaux de dialogue et de coopération pour éviter les risques liés à cette technologie. Emmanuel Macron a proposé une approche alternative : développer une IA indépendante, afin de ne pas dépendre des États-Unis ou de la Chine. Malgré ces appels, Donald Trump s’est montré réticent à toute supervision internationale de l’IA. Cependant, son secrétaire au Trésor a évoqué, lors de discussions avec la Chine, la possibilité de mettre en place un mécanisme de notification en cas d’incident lié à cette technologie.

Conflit israélo-palestinien

Le conflit entre Israël et les Palestiniens a été abordé lors de l’Assemblée générale de l’ONU. António Guterres a alerté sur les risques de nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée, en raison des violences, des déplacements de population et de l’expansion des colonies israéliennes. Il a insisté sur l’urgence de préserver la solution à deux États, une perspective politique visant à créer un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël, qui semble aujourd’hui s’éloigner. Emmanuel Macron a qualifié la situation en Cisjordanie et à Gaza de spectacle qui nous fait honte, dénonçant les conditions de vie des Palestiniens. Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a appelé à la reconstruction immédiate de la bande de Gaza, dévastée par la guerre entre Israël et le Hamas depuis le 7 octobre 2023.

Démocratie au Brésil

Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a profité de sa tribune à l’ONU pour mettre en garde contre les risques d’ingérence étrangère dans la campagne électorale brésilienne. Il s’oppose au candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, qui entretient des liens avec la sphère pro-Trump. Lula a affirmé que le Brésil dispose d’un système électoral moderne et solide, sous la surveillance d’une société pluraliste et d’une presse libre. Il a juré d’empêcher toute tentative de nuire à la volonté populaire, qu’elle vienne de nationaux ou d’étrangers. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions politiques au Brésil, où les élections sont prévues prochainement.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement cubain a réagi vivement aux déclarations de Donald Trump, qui a affirmé que le *régime communiste* cubain allait *tomber*, sans préciser de date ou de méthode. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a dénoncé sur le réseau social X (anciennement Twitter) l’incapacité des États-Unis à accepter l’indépendance et la souveraineté de Cuba. Cette réaction s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays, marquées par des décennies d’embargo américain contre Cuba. La déclaration de Trump a été perçue comme une ingérence inacceptable par les autorités cubaines, qui défendent leur droit à choisir leur propre système politique.

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