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Le surinvestissement dans l’IA pourrait passer d’une « explosion » à un « effondrement »

Next.ink · mis à jour il y a 17 j

Un nouveau rapport de la banque des banques centrales analyse dans le détail les conséquences potentielles de la course à l’investissement dans l’IA. Il estime que le secteur est déjà en situation de surinvestissement, et que le mouvement en cours pourrait passer d’une « explosion » à un « effondrement » d’autant plus intense qu’il est financé par de […].

Alerte de la BRI

La Banque des règlements internationaux (BRI), surnommée la « banque des banques centrales », a publié un rapport détaillé en juin 2025 mettant en garde contre un surinvestissement massif dans l’intelligence artificielle (IA). Selon ce document, la course actuelle à l’IA présente des risques comparables à ceux observés lors de précédentes bulles technologiques, comme celle des années 2000. La BRI souligne que ce phénomène pourrait évoluer d’une phase d’« explosion » (croissance rapide et enthousiaste) vers un « effondrement » brutal, en raison de la concentration des investissements et de leur financement par l’endettement. Andrea Mahler, directrice adjointe de la BRI, avait déjà évoqué ce risque dès fin juin 2025, aux côtés d’autres menaces économiques comme l’inflation ou l’endettement des États.

Surinvestissement record

Le rapport de la BRI estime que les investissements dans l’IA dépassent actuellement de 1,5 fois l’optimum social, c’est-à-dire le niveau d’investissement le plus efficace pour maximiser les bénéfices collectifs. Dans certains cas, ce surinvestissement peut atteindre trois fois ce seuil optimal, ce qui signifie que les ressources sont mal allouées. Par exemple, Google a multiplié par 1,5 ses dépenses énergétiques pour générer le même chiffre d’affaires, en raison des besoins colossaux en infrastructures (puces, centres de données) liés à l’IA. Ces dépenses excessives sont financées par des mécanismes comme le capital-risque ou l’endettement, ce qui aggrave les risques financiers.

Risque de contagion

La concentration du secteur de l’IA crée une vulnérabilité systémique : si une entreprise majeure rencontre des difficultés, ses problèmes pourraient se propager à toute la chaîne de valeur. Par exemple, un choc touchant un fabricant de puces pourrait impacter les centres de données, les laboratoires d’IA ou les fournisseurs de services cloud. La BRI qualifie cette dynamique de financement circulaire, où les investissements s’auto-alimentent et amplifient les risques. Cette situation rappelle les mécanismes à l’œuvre lors des bulles financières historiques, où une crise localisée peut devenir globale.

Dettes et financements risqués

Les cinq plus grands acteurs du secteur, appelés hyperscalers (comme NVIDIA ou OpenAI), prévoient d’investir plus de 1 000 milliards de dollars dans l’IA en 2026. Ces montants dépassent largement leurs bénéfices et leurs flux de trésorerie actuels, les poussant à recourir massivement à l’émission de titres de créance (emprunts) pour financer leurs projets. Cette stratégie augmente leur endettement et leur exposition aux risques, notamment en cas de ralentissement économique. La BRI souligne que cette dépendance aux dettes et aux financements spécialisés (comme le capital-risque) pourrait aggraver l’ampleur des pertes en cas de retournement de marché.

Comparaison historique

L’actuelle course à l’IA présente des caractéristiques communes avec les bulles technologiques passées, comme celle de l’Internet dans les années 2000. Cependant, son ampleur est sans précédent : en seulement trois ans, les investissements dans l’IA ont déjà dépassé tous les épisodes précédents. La BRI rappelle que ces bulles ont souvent conduit à des récessions économiques, parfois à l’échelle mondiale. Par exemple, la bulle Internet avait provoqué une crise financière en 2001. Les experts s’inquiètent donc d’un scénario similaire, d’autant que les liens entre les régulateurs (comme la Réserve fédérale américaine) et les acteurs de l’IA soulèvent des questions sur l’indépendance des décisions économiques.

Ce que ça pourrait changer

Si la bulle de l’IA éclate, les conséquences pourraient être graves. La BRI évoque un **risque de ralentissement économique à court terme**, voire une récession généralisée. Les mécanismes de contagion décrits précédemment pourraient amplifier les effets négatifs, touchant non seulement les entreprises du secteur, mais aussi les économies nationales. Par exemple, une crise dans l’IA pourrait impacter l’emploi, la productivité ou même la stabilité financière mondiale. Ces craintes ont poussé la Réserve fédérale américaine à créer un groupe de travail dédié en 2025, bien que ses liens avec l’industrie de l’IA interrogent sur son objectivité.

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