L’Afrique face à une épidémie «plus complexe» d’Ebola après sa propagation au Nigeria
Le Nigeria est le quatrième pays touché par l’épidémie qui, depuis cette semaine, s’étend à travers tout le continent..
L’Afrique fait face à une épidémie de virus Ebola qualifiée d’« plus complexe » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus, s’étend désormais à travers plusieurs pays du continent. Elle a débuté en République démocratique du Congo (RDC), où elle est devenue la plus meurtrière de l’histoire du pays. Depuis mai 2026, plus de 4 000 décès ont été recensés sur plus de 9 000 cas confirmés en RDC. Le virus Bundibugyo est particulièrement préoccupant car il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement spécifique pour le combattre. Le taux de mortalité associé à cette souche avoisine 50 %, ce qui signifie que près d’une personne infectée sur deux en meurt. Cette épidémie illustre la difficulté à contrôler une maladie aussi contagieuse et mortelle, surtout dans des régions où les systèmes de santé sont fragiles.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 240 millions d’habitants, a signalé le premier cas d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Une femme, épouse d’un diplomate, a été diagnostiquée positive à la souche Bundibugyo après un voyage en Ouganda. Elle est arrivée à Abuja, la capitale du Nigeria, le 3 octobre 2026 en provenance d’Addis-Abeba (Éthiopie), où elle avait transité. Les autorités nigérianes ont identifié 44 cas contacts potentiels, c’est-à-dire des personnes ayant pu être exposées au virus. Cette propagation rappelle l’épidémie d’Ebola de 2014, qui avait touché plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et causé plus de 11 000 morts. Le Nigeria avait alors réussi à contenir l’épidémie avec seulement 19 infections et 7 décès. Pour limiter les risques, les responsables de l’aéroport de Lagos, la principale porte d’entrée du pays, ont mis en place un dépistage systématique des voyageurs internationaux à leur arrivée.
Le Kenya, situé à l’est du continent, est le quatrième pays africain touché par l’épidémie. Depuis le 6 octobre 2026, neuf cas d’Ebola ont été signalés dans le pays. Les autorités sanitaires kényanes ont mis en place des mesures strictes, comme la quarantaine des personnes infectées ou suspectées de l’être. Cette situation illustre la capacité du virus à se propager rapidement à travers les frontières, notamment via les voyages internationaux. Les aéroports et les hubs de transport deviennent ainsi des points de vigilance majeurs pour empêcher une dissémination plus large. Le Kenya, comme d’autres pays africains, doit désormais gérer une épidémie qui se complexifie, avec des risques accrus pour les populations densément peuplées.
L’OMS et l’Africa CDC (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies) jouent un rôle central dans la gestion de cette crise. Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a qualifié la situation d’« extrêmement grave » et appelé à une mobilisation internationale. Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC, a souligné l’importance de coordonner les efforts entre les pays pour éviter une propagation incontrôlée. Les deux organisations travaillent à identifier l’origine exacte de l’infection de la patiente nigériane, qui pourrait avoir été en contact avec un cas en Ouganda ou au Kenya. L’OMS a également rappelé que la souche Bundibugyo nécessite une réponse adaptée, car elle diffère des autres formes d’Ebola pour lesquelles des vaccins existent.
La population africaine réagit avec inquiétude face à cette épidémie. Au Nigeria, des voyageurs comme Patrick Akwongu, un homme de 61 ans arrivé d’Italie, expriment leur peur en raison des plus de 4 000 morts en RDC. Les craintes sont amplifiées par la densité de population au Nigeria, où la promiscuité pourrait faciliter la transmission du virus. À l’inverse, au Kenya, des habitants comme Bezalel Mfashingabo, un Kényan de 44 ans, se montrent plus rassurés, estimant que les mesures de quarantaine mises en place dans leur pays limitent les risques. Ces réactions reflètent les défis psychologiques et sociaux liés à la gestion d’une épidémie, où la peur et l’incertitude jouent un rôle aussi important que les aspects médicaux.
Le **virus Ebola** est une maladie hautement contagieuse qui se transmet par **contact avec des fluides corporels** (sang, salive, sueur, etc.) d’une personne infectée. Il provoque des **hémorragies internes et externes** ainsi que des **défaillances d’organes**, avec un taux de mortalité pouvant atteindre **90 %** selon les souches. Depuis **1976**, date de sa découverte, Ebola a tué **plus de 15 000 personnes** en Afrique. La souche *Bundibugyo*, responsable de l’épidémie actuelle, est moins connue que d’autres comme *Zaire* ou *Soudan*, mais elle est tout aussi dangereuse. En **août 2026**, l’OMS avait déclaré l’**Ouganda exempt d’Ebola**, après seulement **20 cas** et **2 décès**, tous liés à des contacts avec la RDC. Cette déclaration illustre la difficulté à éradiquer définitivement le virus, qui peut resurgir même après des périodes de calme.

