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Géopolitique

À Lourdes, Léon XIV confronté au “douloureux fléau” des violences sexuelles dans l’Église

Courrier International · mis à jour 27 sept.

Ce dimanche matin, avant de célébrer la messe devant 150 000 fidèles, le pape a prononcé un discours devant les évêques de France dans lequel il s’est exprimé, pour la première fois depuis son arrivée en France, sur les violences sexuelles dans l’Église. Un sujet sur lequel il était très attendu, souligne la presse internationale..

Visite du pape à Lourdes

Le pape Léon XIV a célébré une messe à Lourdes le 27 septembre 2026 devant 150 000 fidèles. Ce lieu de pèlerinage est connu pour attirer des catholiques dévots, y compris des victimes d’abus sexuels, cherchant réconfort ou guérison. Dans son homélie, il a évoqué la nécessité de se placer sous le regard de Dieu pour guérir les blessures de l’Église, sans mentionner directement les scandales d’abus. Deux mois plus tôt, une commission indépendante avait révélé des violences systémiques perpétrées entre 1957 et 2004 à Notre-Dame de Bétharram, un internat proche de Lourdes. Parmi les victimes figure Hélène Perlant, fille de l’ancien Premier ministre François Bayrou.

Scandales et mosaïques controversées

L’arrivée du pape à Lourdes l’a confronté à l’histoire sombre de l’Église catholique. Les mosaïques de Marko Rupnik, un prêtre jésuite accusé d’abus sur plus de 20 femmes sur 30 ans, devaient être visibles, mais l’évêque de Lourdes, Mgr Jean-Jacques Micas, a ordonné de les recouvrir. Cette décision visait à éviter que les victimes, venues chercher du réconfort, ne soient confrontées à ces œuvres. Les accusations contre Rupnik illustrent la persistance des scandales d’abus au sein de l’Église, malgré les mesures prises.

Réactions mitigées sur le discours

Lors d’une rencontre avec les évêques français, Léon XIV a qualifié les violences sexuelles dans l’Église de douloureux fléau, mais n’a ni condamné explicitement l’institution, ni mentionné les victimes, ni demandé pardon. Des médias comme El País ont critiqué ce discours, le jugeant autosatisfait et limité à des félicitations pour la gestion du scandale par l’Église de France. Pourtant, celle-ci a mis en place des mesures comme un rapport indépendant en 2021, estimant à 330 000 le nombre de victimes d’abus depuis 1950, et des dispositifs d’écoute et de réparation.

Rencontre avec les victimes

En fin de journée, le pape a rencontré sept victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé, sans révéler leurs noms. Ce format de rencontre, critiqué par des associations de victimes, a été perçu comme une approche confidentielle et sélective. Une lettre ouverte signée par un collectif de victimes, publiée le 24 septembre, a exhorté Léon XIV à reconnaître la culpabilité de l’Église et à poser des actes concrets, comme l’ouverture des archives ou la mise en place d’un système universel de réparations financé de manière transparente.

Ce que ça pourrait changer

La journée du pape s’est terminée par une rencontre avec des fidèles malades ou en situation de handicap. Il a quitté Lourdes le lundi 28 septembre pour Metz, ville choisie pour donner une dimension *plus européenne* à son séjour en France. Cette étape marque la poursuite de son voyage en France, après son accueil remarqué dans ce pays considéré comme la *fille aînée de l’Église* en raison de son histoire catholique majeure.

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