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Être gaucher ou droitier ne serait pas une question de génétique, selon une étude de l'université de Californie

Science & Vie · mis à jour il y a 16 j

Écrire avec le coude plutôt qu'avec la main a suffi à faire tomber la différence entre les deux bras. Un test qui rebat les cartes de la latéralité..

Une nouvelle étude californienne

Une étude menée par des chercheurs de l'université de Californie remet en cause l'idée reçue selon laquelle la préférence pour la main gauche ou droite serait principalement déterminée par des facteurs génétiques. Jusqu'à présent, on pensait que si une personne était gauchère ou droitière, c'était en grande partie à cause des gènes hérités de ses parents. Cependant, cette recherche suggère que d'autres mécanismes, encore mal compris, pourraient jouer un rôle bien plus important. Les scientifiques ont analysé des données issues de jumeaux et de familles, mais les résultats indiquent que l'hérédité n'explique qu'une faible partie des différences observées entre gauchers et droitiers. Cette découverte ouvre la porte à de nouvelles hypothèses sur l'origine de cette préférence manuelle, qui pourrait être influencée par des facteurs environnementaux ou aléatoires pendant le développement du fœtus.

La préférence manuelle expliquée

La préférence manuelle désigne le fait de privilégier naturellement une main plutôt que l'autre pour réaliser des tâches comme écrire, lancer un objet ou tenir un outil. Historiquement, les scientifiques ont longtemps attribué cette préférence à des différences dans le cerveau, notamment dans l'hémisphère gauche ou droit, qui contrôle respectivement les fonctions motrices du côté droit ou gauche du corps. Cependant, l'étude de l'université de Californie suggère que cette préférence ne serait pas aussi déterminée par la génétique que prévu. Les chercheurs soulignent que des facteurs comme les hormones prénatales, les conditions de développement dans l'utérus ou même des événements aléatoires pourraient influencer cette préférence. Par exemple, des niveaux élevés de testostérone pendant la grossesse pourraient favoriser une préférence pour la main gauche, bien que les mécanismes exacts restent à élucider.

Les limites de la génétique

Les études antérieures sur la latéralité (préférence pour une main, un pied ou un œil) s'appuyaient souvent sur des analyses génétiques pour expliquer pourquoi certaines personnes sont gauchères ou droitières. On estimait que la génétique pouvait expliquer jusqu'à 25 % des cas, mais cette nouvelle recherche réduit considérablement cette part. Les scientifiques ont comparé des données issues de jumeaux, dont les gènes sont très similaires, et ont constaté que même dans ces cas, la préférence manuelle n'était pas systématiquement la même. Cela suggère que des facteurs non génétiques, comme l'environnement utérin ou des variations aléatoires dans le développement cérébral, jouent un rôle bien plus important qu'on ne le pensait. Cette remise en question pourrait conduire à une réévaluation des théories existantes sur la latéralité.

Implications pour la science

Cette étude pourrait avoir des répercussions significatives sur plusieurs domaines de la recherche. En neurosciences, elle invite à explorer davantage les mécanismes non génétiques qui influencent le développement du cerveau et des fonctions motrices. En médecine, elle pourrait aider à mieux comprendre certaines conditions neurologiques liées à la latéralité, comme le trouble du développement de la coordination ou des troubles de l'apprentissage. Par ailleurs, cette découverte pourrait aussi avoir des implications en psychologie, notamment pour étudier comment la préférence manuelle influence les comportements ou les compétences cognitives. Les chercheurs soulignent toutefois que des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et explorer ces pistes.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces nouvelles conclusions, le débat sur l'origine de la latéralité n'est pas clos. D'autres études ont montré que des gènes spécifiques, comme le gène *LRRTM1*, pourraient être associés à une préférence pour la main gauche. Cependant, l'étude de l'université de Californie met en lumière le fait que ces gènes n'expliquent pas à eux seuls la préférence manuelle. Les chercheurs reconnaissent que leur travail ouvre plus de questions qu'il n'en résout. Par exemple, ils ne savent pas encore si les facteurs environnementaux agissent seuls ou en combinaison avec des prédispositions génétiques. Cette incertitude souligne l'importance de poursuivre les recherches pour élucider les mécanismes complexes qui déterminent si une personne sera gauchère ou droitière.

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