Alors que la chasse reprend en Europe, plus de 11 000 foyers de peste porcine africaine ont été détectés chez des sangliers - certains étaient à 60 km de la France
Une étude de l'EFSA confirme une flambée de la peste porcine africaine chez les sangliers européens en 2025. Deux contaminations mystérieuses en Allemagne et en Espagne inquiètent à l'approche de l'ouverture de la chasse..
Plus de 11 000 foyers de peste porcine africaine (PPA) ont été détectés chez des sangliers en Europe, selon les dernières données disponibles en septembre 2026. La PPA est une maladie virale très contagieuse qui touche les porcs domestiques et les sangliers, mais ne représente aucun risque pour l’homme. Elle se transmet par contact direct entre animaux, par des objets contaminés ou par des tiques. Cette maladie, originaire d’Afrique, s’est répandue en Europe depuis 2007, notamment en Europe de l’Est, avant d’atteindre des pays comme la Belgique, la Pologne ou l’Allemagne. Les autorités sanitaires européennes surveillent activement sa progression pour éviter une propagation majeure.
Parmi les foyers détectés, certains se situaient à seulement 60 kilomètres de la frontière française, principalement en Allemagne et en Belgique. Cette proximité géographique inquiète les autorités sanitaires françaises, car la PPA pourrait franchir les frontières via des sangliers infectés ou des déplacements humains involontaires (chasseurs, véhicules, etc.). La France, indemne de PPA à ce jour, renforce ses mesures de biosécurité dans les zones frontalières, comme des contrôles renforcés sur les routes et des restrictions de chasse dans les zones à risque. L’objectif est d’éviter une introduction accidentelle du virus, qui aurait des conséquences économiques majeures pour l’élevage porcin français.
La reprise de la chasse en Europe coïncide avec cette recrudescence de PPA, ce qui soulève des questions sur les risques de propagation. Les chasseurs sont encouragés à respecter des protocoles stricts, comme la désinfection de leurs équipements ou la déclaration systématique de tout sanglier trouvé mort ou malade. En effet, la PPA se transmet facilement via le matériel de chasse ou les déplacements d’animaux infectés. Certains pays européens, comme la Belgique, ont même instauré des zones de chasse interdites pour limiter la dispersion du virus. Ces mesures visent à protéger à la fois les populations de sangliers et les élevages porcins.
La peste porcine africaine a déjà causé des pertes économiques majeures en Europe, avec des abattages massifs de porcs dans les zones infectées. En 2026, la situation reste préoccupante, notamment en Allemagne et en Pologne, où des milliers de sangliers ont été abattus pour tenter de contenir l’épidémie. Les coûts incluent non seulement les pertes directes pour les éleveurs, mais aussi les restrictions commerciales imposées par les pays tiers. Par exemple, certains marchés asiatiques, très demandeurs de viande porcine européenne, pourraient suspendre leurs importations en cas de détection de PPA sur le territoire français ou dans un pays voisin.
Pour éviter une crise sanitaire, les autorités européennes et françaises multiplient les mesures de surveillance. Cela inclut des tests réguliers sur les sangliers, une surveillance des élevages porcins et des campagnes de sensibilisation auprès des chasseurs et des agriculteurs. En France, des barrières sanitaires ont été installées le long des frontières avec l’Allemagne et la Belgique, avec des contrôles vétérinaires renforcés. Des équipes spécialisées interviennent également pour récupérer et analyser les carcasses de sangliers morts, afin de détecter rapidement tout nouveau foyer. Ces efforts visent à maintenir la France indemne de PPA, un statut qui lui permet de continuer à exporter sa viande porcine.

