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Giorgia Meloni rejoint Taylor Swift et depose une demande de marque pour sa voix afin de lutter contre les deepfakes

Presse-Citron · mis à jour 6 oct.

La décision de la Première ministre italienne illustre le danger de ces trucages numériques..

Meloni dépose marque

Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a déposé une demande officielle auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) afin de faire enregistrer sa voix comme marque déposée. Cette démarche vise à protéger son identité vocale contre les deepfakes, ces enregistrements audio ou vidéo truqués par l’intelligence artificielle (IA) qui reproduisent de manière réaliste la voix ou l’apparence d’une personne. Les échantillons déposés incluent deux répétitions de la phrase «Io sono Giorgia Meloni» («Je suis Giorgia Meloni»), enregistrées en quatre secondes. Cette initiative s’inscrit dans un contexte électoral tendu, avec les législatives italiennes prévues en 2027, où les manipulations numériques pourraient influencer l’opinion publique. Meloni n’est pas la première personnalité à adopter cette stratégie : des célébrités comme Taylor Swift ont déjà protégé leur voix de manière similaire.

Deepfakes en hausse

Les deepfakes représentent une menace croissante pour les personnalités publiques, notamment en période électorale. Ces technologies permettent de créer des contenus trompeurs, comme des discours ou des interviews fictifs, mettant en scène des figures politiques dans des situations inexistantes. Giorgia Meloni a déjà été victime de telles manipulations, avec des deepfakes utilisés pour des arnaques aux cryptomonnaies ou pour diffuser des messages politiques falsifiés, comme des appels à voter contre elle ou des contenus à caractère sexuel. Selon Giovanni Orsina, directeur du département de sciences politiques de l’université Luiss à Rome, l’Italie s’apprête à vivre une campagne électorale particulièrement violente, où les attaques numériques seront fréquentes. Les plateformes en ligne réagissent généralement rapidement aux signalements pour violation de marques déposées, ce qui pourrait aider Meloni à limiter l’impact de ces faux contenus.

Protection juridique limitée

Bien que le dépôt de marque puisse offrir une protection juridique contre l’usage non autorisé de la voix de Giorgia Meloni, des experts comme Gianni Riotta, directeur de l’Observatoire italien des médias numériques, estiment que cette mesure ne suffira pas à endiguer totalement le phénomène. Riotta souligne que l’IA évolue si rapidement que les contournements de ces protections seront inévitables à terme. Guido Scorza, avocat spécialisé en nouvelles technologies, reconnaît cependant que cette démarche permettra à Meloni de se défendre plus efficacement, car les plateformes comme les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche prennent au sérieux les plaintes pour violation de propriété intellectuelle. L’efficacité réelle de cette protection dépendra donc de la rapidité des plateformes à supprimer les contenus frauduleux une fois signalés.

Contexte politique italien

Cette initiative s’inscrit dans un climat politique italien marqué par une polarisation accrue et une montée des tensions, notamment en vue des élections législatives de 2027. Giorgia Meloni, figure de l’extrême droite italienne, est une cible privilégiée pour ses adversaires politiques, qui pourraient utiliser les deepfakes pour discréditer son image ou manipuler l’opinion publique. Les exemples de détournements déjà observés, comme des deepfakes à caractère sexuel ou des appels frauduleux à voter contre elle, illustrent la vulnérabilité des personnalités publiques face à ces technologies. En anticipant ces risques, Meloni cherche à sécuriser son image et à limiter l’impact des manipulations numériques sur sa réputation et sa crédibilité.

Ce que ça pourrait changer

Giorgia Meloni n’est pas la première personnalité à protéger sa voix via une marque déposée. Des célébrités comme Taylor Swift ont adopté cette stratégie pour lutter contre les deepfakes et l’usurpation de leur identité. Ces démarches s’ajoutent à d’autres mesures de protection, comme le recours aux droits d’auteur ou aux lois contre la diffamation, pour préserver l’intégrité des personnalités publiques. L’EUIPO, organisme européen chargé de l’enregistrement des marques, joue un rôle clé dans ce processus en permettant aux individus de revendiquer des droits exclusifs sur des éléments distinctifs de leur identité, comme leur voix ou leur image. Cette tendance reflète une prise de conscience croissante des risques liés aux manipulations numériques dans un monde de plus en plus connecté.

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