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Généraliste

Une Américaine mise à mort survit au protocole d’injection létale dans le Tennessee

Le Devoir · mis à jour 1 oct.

Une enquête est ouverte et les exécutions sont suspendues dans l’État après cet échec sans précédent aux États-Unis..

Échec historique

Christa Pike, une condamnée à mort de 50 ans, a survécu à une tentative d’exécution par injection létale dans l’État du Tennessee, aux États-Unis. Cette méthode consiste à injecter un produit chimique, ici le pentobarbital, pour provoquer la mort de manière indolore. Or, selon des témoins et ses avocats, Christa Pike a continué à respirer et à ronfler après deux injections censées la tuer. Elle a même demandé si elle était censée se sentir ainsi, selon une journaliste présente. Cet incident est qualifié d’« sans précédent » par des experts, car aucune exécution aux États-Unis n’avait échoué de cette manière depuis des décennies. L’État du Tennessee a suspendu toutes les exécutions prévues en 2026 et ouvert une enquête indépendante pour comprendre les raisons de cet échec.

Protocole défaillant

Les avocats de Christa Pike ont dénoncé plusieurs dysfonctionnements dans le protocole d’exécution. Ils évoquent des difficultés d’accès aux veines, des veines rompues, un pentobarbital dégradé et une absence de soins médicaux d’urgence lorsque la situation a mal tourné. Le pentobarbital est un barbiturique puissant, utilisé à haute dose pour euthanasier les animaux ou dans certains pays pour l’aide au suicide. Dans ce cas, son efficacité a été remise en cause. Les avocats soulignent aussi le secret entourant le protocole, qui empêche toute transparence sur les méthodes employées. En mai 2026, un autre condamné avait déjà échappé à l’exécution pour les mêmes raisons : l’équipe médicale n’avait pas réussi à trouver une veine accessible.

Contexte judiciaire

Christa Pike, condamnée en 1996 pour le meurtre de Colleen Slemmer, une camarade de 19 ans, devait être la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux siècles. Son exécution était initialement prévue le 30 septembre 2026, mais une cour d’appel fédérale avait accordé un sursis une heure avant, pour examiner un recours lié à ses antécédents de violences sexuelles dans l’enfance. L’État du Tennessee a reconnu ces violences en août 2026, sans pour autant modifier sa décision. La Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice, a finalement autorisé son exécution le lendemain, annulant le sursis. Christa Pike a été exécutée le 1er octobre 2026, malgré les appels à la clémence de l’ONU et d’experts.

Peine de mort aux États-Unis

La peine de mort reste légale dans une vingtaine d’États américains, dont le Tennessee. Depuis 1976, 1 580 exécutions ont eu lieu aux États-Unis, mais seulement 18 concernaient des femmes, soit 1 % du total. En 2025, 47 exécutions ont été recensées, le chiffre le plus élevé depuis 2009 (52 exécutions). En 2026, 30 exécutions avaient déjà eu lieu avant cet incident, dont 16 en Floride. La peine capitale a été abolie dans 23 États, tandis que 3 autres (Californie, Oregon, Pennsylvanie) observent un moratoire. Le président Donald Trump soutient activement la peine de mort, la jugeant nécessaire pour les crimes les plus graves.

Ce que ça pourrait changer

Le gouverneur républicain du Tennessee, *Bill Lee*, a suspendu les exécutions restantes en 2026 et ordonné une enquête indépendante. Il a justifié cette décision en soulignant que l’État devait garantir l’efficacité de ses méthodes, une responsabilité « des plus graves ». *Robin Maher*, directrice du *Centre d’information sur la peine capitale* (DPIC), a qualifié cet échec de « pire » parmi les exécutions ratées modernes. Le DPIC recense 18 femmes exécutées depuis 1976, dont la dernière en 2023 dans le Missouri. Christa Pike était aussi la première femme transgenre exécutée aux États-Unis. Ses deux complices, également condamnés pour le même meurtre en 1995, avaient échappé à la peine de mort.

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