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Société

La Grande-Bretagne veut construire l'installation électrique marémotrice la plus puissante au monde

Slate FR · mis à jour il y a 6 j

Depuis 1924, l'estuaire de la Mersey, près de Liverpool, doit accueillir la plus grande centrale marémotrice du monde. Mais des contraintes économiques et administratives retardent le projet..

Historique des barrages marémoteurs

En 1966, la France a inauguré la première grande usine marémotrice au monde, située dans l'estuaire de la Rance, en Bretagne. Ce type d'installation exploite les mouvements des marées pour produire de l'électricité. À l'époque, cette centrale détenait le record mondial de puissance. Aujourd'hui, elle a été dépassée par la centrale de Sihwa en Corée du Sud. La technologie repose sur la différence de hauteur entre la marée haute et la marée basse, appelée amplitude des marées. Cette amplitude peut atteindre une dizaine de mètres dans certains endroits, comme l'estuaire de la Mersey en Grande-Bretagne, où un nouveau projet est envisagé.

Projet britannique à Liverpool

La Grande-Bretagne étudie la construction d'un barrage marémoteur dans l'estuaire de la Mersey, près de Liverpool. Ce projet, qui pourrait devenir le plus puissant au monde, vise à produire de l'électricité en exploitant les marées. Le dispositif retient l'eau à marée haute avant de la libérer à travers des turbines, générant ainsi de l'énergie. Contrairement à d'autres installations, ce barrage pourrait fonctionner quatre fois par jour, lors des marées montantes et descendantes. Le projet prévoit 28 turbines et une capacité de 700 mégawatts, soit près de trois fois plus que la centrale de Sihwa en Corée du Sud. Cependant, le tracé exact et la localisation restent indéterminés en août 2026.

Avantages climatiques et économiques

Ce barrage marémoteur présenterait plusieurs atouts majeurs. D'abord, il contribuerait à la lutte contre le changement climatique en produisant une électricité renouvelable et prévisible. Ensuite, il offrirait une protection contre les inondations, un enjeu croissant avec la montée des eaux. Enfin, le projet créerait 3 300 emplois qualifiés et bénéficierait d'un soutien local important, avec 84 % de réponses favorables lors d'une consultation publique. La durée de vie estimée de l'installation est de 120 ans, et les travaux pourraient s'étaler sur une décennie. Le coût de construction est évalué à environ 4,7 milliards de dollars (4 milliards d'euros).

Défis écologiques et administratifs

Malgré ses atouts, le projet fait face à des obstacles majeurs. La Société royale pour la protection des oiseaux s'inquiète des conséquences sur l'écosystème de l'estuaire de la Mersey, qui abrite plus de 100 000 oiseaux d'eau. Le barrage pourrait perturber leur habitat naturel. Par ailleurs, le financement n'est pas encore sécurisé, et la demande d'autorisation, initialement prévue pour 2026, n'a pas encore été déposée. Le projet, imaginé dès 1924, pourrait donc ne débuter qu'en 2030, voire plus tard. Les promoteurs doivent également trouver un équilibre entre la production d'électricité, la circulation des navires et la préservation de l'environnement.

Ce que ça pourrait changer

Le principe de fonctionnement repose sur un système de retenue d'eau. À marée haute, l'eau est stockée derrière un barrage. À marée basse, elle est libérée progressivement à travers des turbines, qui transforment l'énergie du mouvement de l'eau en électricité. Ce processus peut être répété jusqu'à quatre fois par jour, selon les cycles de marée. Le projet prévoit également des écluses pour permettre le passage des navires et une passerelle pour piétons et cyclistes, afin de limiter l'impact sur l'activité portuaire de Liverpool. La capacité de 700 mégawatts correspond à la puissance maximale que l'installation pourrait générer simultanément.

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