La grève des cols bleus de Montréal serait tournante par arrondissements
Pendant cette période, des services essentiels seraient maintenus..
Les cols bleus de Montréal, soit environ 6000 employés municipaux, prévoient une grève du 22 au 28 septembre 2026. Contrairement à un arrêt de travail généralisé, cette grève prendra la forme d’une grève tournante par arrondissements, où chaque secteur de la ville sera touché à tour de rôle pendant 24 heures. Ainsi, un arrondissement sera en grève un jour, puis un autre le lendemain, et ainsi de suite. Cette méthode vise à limiter l’impact global tout en permettant aux employés de faire entendre leurs revendications. La grève coïncide avec les Championnats du monde de cyclisme sur route, un événement majeur qui pourrait accentuer les perturbations si des services essentiels ne sont pas maintenus.
Malgré la grève, des services essentiels seront assurés dans chaque arrondissement pendant les 24 heures concernées. Ces services incluent notamment la collecte des déchets, l’entretien des rues et des infrastructures critiques. Cependant, un désaccord persiste entre la Ville de Montréal et le Syndicat des cols bleus regroupés (affilié au Syndicat canadien de la fonction publique, ou SCFP) sur la liste des services à considérer comme essentiels. Le syndicat estime que la sécurisation des parcs, par exemple le ramassage de déchets dangereux comme des seringues ou du verre cassé, n’est pas une priorité absolue pour la santé publique, surtout sur une période aussi courte. La Ville, en revanche, insiste sur la nécessité de maintenir ces services pour éviter tout risque pour les citoyens.
Le principal point de litige concerne la sécurisation des parcs, une tâche qui relève des cols bleus. Le syndicat argue que cette activité n’est pas suffisamment critique pour justifier des effectifs supplémentaires pendant une grève de 24 heures, surtout si elle est rotative. Il rappelle que chaque arrondissement ne sera jamais en grève deux jours consécutifs, réduisant ainsi les risques. La Ville de Montréal, représentée par son avocate Me Camille Dulude, conteste cette position et souligne que l’absence de services dans les parcs pourrait mettre en danger la santé et la sécurité des citoyens, notamment des enfants. Le juge administratif Sylvain Gagnon du Tribunal administratif du travail (TAT) doit trancher ce différend dans les plus brefs délais.
Le conflit ne porte pas uniquement sur les services essentiels, mais aussi sur les conditions de travail des cols bleus. Le syndicat, qui représente environ 6000 membres, refuse que ses employés « s’appauvrissent » et exige des augmentations salariales pour compenser l’inflation et maintenir leur pouvoir d’achat. De son côté, la Ville de Montréal affirme avoir une marge de manœuvre budgétaire très serrée en raison de ses difficultés financières. Ce désaccord sur les salaires est au cœur du conflit et explique en partie la durée et l’ampleur de la grève annoncée. Les deux parties avaient déjà connu un précédent conflit en avril 2026, où une grève de trois jours avait eu lieu avec maintien des services essentiels.
Le *Tribunal administratif du travail* (TAT) joue un rôle central dans ce conflit. Il est saisi pour arbitrer les désaccords entre la Ville de Montréal et le SCFP, notamment sur la liste des services essentiels à maintenir. Le tribunal a déjà entendu les deux parties le 14 septembre 2026 et doit rendre une décision « le plus tôt possible » pour éviter une escalade du conflit. Le TAT est une instance québécoise indépendante chargée de régler les litiges liés aux relations de travail. Dans ce cas précis, son intervention vise à garantir que la grève respecte les règles en vigueur tout en protégeant les droits des travailleurs et des citoyens.

