Qui est le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon?
«Le Devoir» dresse un bref portrait du chef du Parti québécois..
Paul St-Pierre Plamondon, 49 ans en 2026, a connu une évolution politique marquée par plusieurs revirements. Dans sa jeunesse, il a soutenu l'indépendance du Québec lors du référendum de 1995, malgré l'opposition de ses parents. Au début des années 2000, il adopte une position fédéraliste, croyant possible de réformer le système canadien. Son désenchantement survient après son passage comme jeune avocat au sein du Groupe Polygone, une entreprise impliquée dans le scandale des commandites en 2007-2008. Ce scandale, qui a ébranlé la confiance des Québécois envers le gouvernement fédéral, le pousse à conclure que le Canada ne peut être réformé pour répondre aux aspirations québécoises.
En 2014, Paul St-Pierre Plamondon publie Les orphelins politiques, un essai où il plaide pour un renouveau du paysage politique québécois. Il y propose notamment de dissocier les projets progressistes de la question souverainiste, suggérant que les enjeux sociaux pourraient être portés par des partis non liés à l'indépendance. Cette position reflète son souhait d'élargir les alliances politiques au-delà des clivages traditionnels, en mettant l'accent sur la justice sociale et l'inclusion des minorités, quelles que soient leur langue ou leur religion.
En 2016, il tente sans succès de devenir chef du Parti québécois (PQ), un parti souverainiste fondé en 1968. Il souhaite moderniser le parti en le rendant plus ouvert et inclusif. Après sa défaite, il rédige en 2017 un rapport intitulé Osez repenser le PQ, soulignant que le parti a négligé ces dernières années les communautés issues de la diversité culturelle. En 2020, il retente sa chance et l'emporte face à trois autres candidats, devenant chef du PQ en pleine pandémie. Il promet alors un renouveau et un référendum sur l'indépendance du Québec dès son premier mandat.
Paul St-Pierre Plamondon est décrit comme une personne motivée par le service public et l'aide aux autres. Son père, Jacques Plamondon, raconte qu'à 12 ans, il avait demandé une rencontre avec le directeur de sa commission scolaire pour défendre un projet de concert de fin d'année, montrant déjà son engagement pour les causes collectives. Son passage dans une famille danoise dirigée par un pasteur luthérien a également marqué son parcours, influençant probablement son ouverture d'esprit. Ces éléments illustrent son attachement aux valeurs de justice et de participation citoyenne.
En octobre 2022, il est élu député de la circonscription de Camille-Laurin à Montréal sous la bannière du PQ. Aux élections générales de 2022, le PQ avait obtenu son pire résultat historique avec seulement trois sièges et 15 % des voix. Pourtant, en mars 2023, il recueille 98,5 % des votes des membres du PQ lors d'un congrès, un soutien quasi unanime. Il renforce ensuite la présence du parti en remportant plusieurs élections partielles en 2023, dont celle de Jean-Talon, Terrebonne, Arthabaska-L'Érable et Chicoutimi, prouvant une remontée électorale significative.
En 2024, lors d'un conseil national à Drummondville, il affirme qu'un troisième référendum sur l'indépendance du Québec aura lieu « d'ici la fin de la décennie ». Cependant, il reporte cette consultation après l'élection de Donald Trump aux États-Unis, tout en promettant de tenir cet engagement. Son père souligne que cette position, bien que coûteuse électoralement, reste centrale dans ses convictions. Cette stratégie montre un équilibre entre pragmatisme politique et fidélité à ses idées, dans un contexte où l'indépendance divise encore profondément la société québécoise.

