Le “non” de l’Islande, une “défaite cuisante pour l’UE” et les proeuropéens de Norvège
Le rejet islandais, samedi 29 août, d’une reprise des négociations sur une adhésion de l’île à l’Union européenne constitue “une défaite” pour Bruxelles, estiment plusieurs journaux scandinaves. À Oslo, l’issue du référendum ne fait pas non plus les affaires des partisans d’une entrée de la Norvège dans l’UE..
L'Islande, un petit pays insulaire de moins de 400 000 habitants, a massivement rejeté samedi 29 août 2026 la reprise des négociations pour une adhésion à l'Union européenne (UE) lors d'un référendum. Avec 52,8 % des voix contre 47,2 % pour le oui, le camp du non a remporté le vote, malgré un taux de participation élevé de 82,5 %. Ce résultat est perçu comme un revers symbolique important pour l'UE, qui espérait étendre son influence dans cette région. La Première ministre islandaise, Kristrun Frostadottir, favorable à l'adhésion, a reconnu la victoire des opposants dès le lendemain du scrutin.
Plusieurs médias scandinaves, comme le quotidien norvégien Aftenposten, qualifient ce rejet de « défaite cuisante » pour l'UE. Dans un éditorial intitulé Une défaite cuisante pour l'UE, le journal souligne la portée symbolique de ce vote, alors que l'UE cherche à renforcer sa cohésion face aux défis géopolitiques actuels. L'article précise que ni la guerre en Europe ni les tensions avec les États-Unis, notamment la volonté déclarée du président américain Donald Trump de conquérir le Groenland voisin, n'ont suffi à convaincre une majorité d'Islandais de se rapprocher de l'UE. Les négociations, interrompues en 2015 par un gouvernement islandais peu enclin à l'adhésion, restent donc au point mort.
Ce résultat ne concerne pas seulement l'Islande, mais a également des répercussions en Norvège. Les partisans d'une entrée de la Norvège dans l'UE voient en effet ce vote islandais comme un mauvais signe pour leurs propres ambitions. La Norvège, bien que membre de l'Espace économique européen (EEE), n'est pas membre de l'UE et organise régulièrement des débats sur une éventuelle adhésion. Le rejet islandais pourrait refroidir l'enthousiasme des Norvégiens favorables à une intégration européenne, alors que leur pays doit déjà faire face à des résistances internes.
Le référendum islandais s'inscrit dans un contexte politique marqué par des divisions internes. La Première ministre Kristrun Frostadottir, qui soutenait la reprise des négociations avec l'UE, a dû reconnaître la victoire du camp du non. Ce vote reflète les tensions entre ceux qui souhaitent un rapprochement avec l'Europe, notamment pour des raisons économiques ou sécuritaires, et ceux qui privilégient la souveraineté nationale ou craignent une perte d'identité. L'Islande, bien que proche géographiquement de l'Europe, a toujours entretenu une relation complexe avec l'UE, alternant entre coopération et distance.

