Avec cette puce de seulement 2 mm derrière la rétine, 84% de ces patients ont réussi à lire à nouveau
La DMLA peut faire disparaître peu à peu les mots, les visages et tous les détails situés au centre du regard. Dans sa forme atrophique, les cellules détruites de la rétine ne se réparent pas.
Des chercheurs ont développé une puce électronique minuscule, de seulement 2 mm de diamètre, qu’ils placent derrière la rétine pour restaurer la vision de patients atteints de certaines maladies oculaires. Cette technologie, appelée prothèse rétinienne, vise à compenser le dysfonctionnement des cellules photoréceptrices (les cônes et bâtonnets) qui captent normalement la lumière et envoient des signaux au cerveau. La puce agit comme un substitut artificiel en stimulant directement les neurones de la rétine, permettant à ces patients de percevoir à nouveau des formes et des contrastes. Contrairement aux implants existants, cette solution est moins invasive et plus précise grâce à sa taille réduite et sa position stratégique.
Selon une étude clinique récente, 84 % des patients ayant reçu cette puce ont retrouvé la capacité de lire des textes ou des mots simples. Ce taux de réussite est significativement plus élevé que celui des dispositifs précédents, qui plafonnaient souvent autour de 50 à 60 %. Les participants, tous atteints de maladies dégénératives de la rétine comme la rétinopathie pigmentaire ou la dégénérescence maculaire, ont pu distinguer des lettres, des chiffres et même des phrases courtes après une période d’adaptation de quelques semaines. Ces résultats ont été obtenus sans effets secondaires majeurs, ce qui renforce l’espoir d’une adoption généralisée de cette technologie.
La puce fonctionne grâce à une caméra miniature intégrée à des lunettes, qui capte les images de l’environnement et les transforme en signaux électriques. Ces signaux sont ensuite envoyés à la puce rétinienne via un système sans fil, qui active les neurones de la rétine pour recréer une image mentale. Le cerveau interprète ces signaux comme une vision partielle, permettant aux patients de percevoir des contours, des lumières et des mouvements. La résolution actuelle reste limitée, mais elle est suffisante pour des tâches comme la lecture ou la reconnaissance d’objets. Les chercheurs travaillent désormais à améliorer la finesse des détails restitués.
Cette innovation représente une avancée majeure pour les millions de personnes souffrant de maladies rétiniennes dégénératives, souvent sans traitement efficace à ce jour. Parmi les affections concernées, la rétinopathie pigmentaire (qui touche environ 1 personne sur 4 000) et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA, qui affecte 1 personne sur 7 après 75 ans) sont les plus répandues. Ces maladies provoquent une perte progressive de la vision centrale ou périphérique, menant souvent à la cécité. La puce rétinienne pourrait offrir une solution durable, bien que son coût et son accessibilité restent des défis à relever pour une diffusion à grande échelle.
Bien que les résultats soient encourageants, plusieurs obstacles persistent avant une commercialisation généralisée. Les chercheurs doivent encore optimiser la durée de vie de la puce, actuellement estimée à plusieurs années, et réduire son coût de production. Par ailleurs, cette technologie ne convient pas à tous les types de cécité, notamment celles liées à des lésions du nerf optique ou du cerveau. Les essais cliniques se poursuivent pour élargir les indications et affiner les performances. À terme, cette solution pourrait être combinée à d’autres innovations, comme des thérapies géniques, pour une restauration encore plus complète de la vision.

