Moscou cible massivement l’énergie, Kiev de nouveau endeuillé
La Russie a ciblé les infrastructures énergétiques de Kiev dans la nuit pour la première fois depuis l’hiver dernier..
Dans la nuit du 30 septembre 2026, la Russie a mené une série de frappes massives contre les infrastructures énergétiques de Kiev, la capitale ukrainienne. C'est la première attaque d'une telle ampleur depuis l'hiver 2025-2026, marquant un retour à une stratégie déjà observée l'année précédente. Les missiles et drones russes ont endommagé notamment la centrale thermique de Trypillia, située au sud de Kiev, ainsi que d'autres sites assurant l'approvisionnement électrique de la ville. Les autorités ukrainiennes rapportent au moins quatre morts à Kiev et dans ses environs, dont un adolescent de 14 ans tué sous les décombres d'un immeuble. Trois autres victimes ont été recensées ailleurs en Ukraine. Ces frappes s'inscrivent dans une campagne plus large visant délibérément les infrastructures énergétiques, avec des attaques quasi quotidiennes depuis l'été 2026.
Les attaques ont provoqué des coupures d'électricité à Kiev, selon l'opérateur énergétique DTEK, qui gère une partie du réseau ukrainien. La centrale thermique de Trypillia, exploitée par Centrenergo, a été endommagée lors d'une frappe qualifiée de délibérée par ses responsables. Serguiï Koretsky, le premier ministre ukrainien, a déclaré que ces frappes marquaient le début d'une nouvelle campagne russe contre le secteur énergétique, après une relative accalmie durant l'été. Il a également mis en garde la population, suggérant aux personnes vulnérables de quitter Kiev avant l'hiver. En 2024, la Cour pénale internationale (CPI) avait émis des mandats d'arrêt contre des responsables militaires russes, estimant que ces attaques pourraient constituer un crime de guerre.
Le ministère russe de la Défense a justifié ces frappes en affirmant avoir ciblé des installations électriques alimentant des entreprises liées au complexe militaro-industriel ukrainien, ainsi qu'une centrale hydroélectrique et une centrale thermique. Moscou a utilisé des missiles balistiques et des drones à réaction, des armes difficiles à intercepter pour Kiev en raison d'un manque de munitions adaptées. L'armée de l'air ukrainienne a cependant réussi à abattre certains missiles balistiques, grâce à l'aide récente de ses alliés qui ont livré de nouveaux systèmes de défense antiaérienne. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a souligné que chaque missile intercepté sauvait des vies, surtout à l'approche de l'hiver.
Face à cette nouvelle vague de violence, la population de Kiev tente de garder son calme. Tetiana Ivachtchouk, une employée dans l'éducation, a déclaré que le café était son unique réconfort, tout en insistant sur la nécessité de rester calme. Ivan Danylevytch, un étudiant de 22 ans, a qualifié ces attaques de terreur pure, estimant que leur objectif était d'effrayer les civils. Le service météorologique ukrainien annonce déjà les premières gelées nocturnes dès le 2 octobre 2026 dans plusieurs régions, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur la population. Les autorités ukrainiennes appellent à une solidarité accrue pour faire face aux défis de l'hiver.
Sur le front, les forces ukrainiennes mènent une contre-offensive dans la région de Lyman, dans l'est du pays. Volodymyr Zelensky s'y est rendu le 30 septembre 2026 pour rencontrer des soldats et évaluer la situation. De son côté, la Russie a réaffirmé sa détermination à l'ONU, où Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a déclaré que Moscou atteindrait ses objectifs militaires en Ukraine *peu importe les circonstances*. Cette escalade survient alors que l'Ukraine craint une répétition du scénario de l'hiver 2025-2026, où les frappes russes contre les infrastructures énergétiques avaient plongé le pays dans le noir et le froid.

