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Généraliste

Une séparation de l’Alberta pourrait coûter jusqu’à 170 G$ dans un premier temps

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 j

Un rapport de l'Université de Calgary a fait le calcul..

Coût immédiat d'une séparation

Une séparation de l’Alberta du Canada entraînerait des coûts financiers immédiats très élevés pour la province. Selon un rapport de l’Université de Calgary, ces coûts pourraient varier entre 50 et 170 milliards de dollars canadiens (G$) au cours des cinq premières années suivant l’indépendance. Ces dépenses incluent la création d’un nouvel État, les perturbations économiques et les ajustements budgétaires. Par exemple, la province devrait assumer une partie de la dette fédérale canadienne, ce qui ferait exploser son endettement total à entre 324 et 442,3 G$. Cette dette supplémentaire obligerait l’Alberta à consacrer des milliards de dollars supplémentaires chaque année pour payer les intérêts de la dette, réduisant d’autant les budgets disponibles pour les services publics ou les baisses d’impôts. Le rapport souligne que ces coûts s’ajoutent à une baisse probable de la cote de crédit de l’Alberta, reflétant un risque accru pour les investisseurs en raison de la petite taille de son marché et de la volatilité de ses revenus pétroliers.

Deux scénarios contrastés

Le rapport de l’Université de Calgary présente deux scénarios possibles pour l’Alberta après une séparation, avec des conséquences radicalement différentes. Le premier, qualifié de scénario fluide, suppose des négociations amiables avec Ottawa, le maintien du libre-échange et la levée des contraintes environnementales fédérales. Dans ce cas, à court terme (moins de 5 ans), le PIB (Produit Intérieur Brut, indicateur de la richesse produite par une région) de l’Alberta baisserait de 2,2 %, entraînant une perte de 0,7 % des emplois et un déficit de 2 G$. Cependant, à long terme (20 ans), la reprise du secteur énergétique permettrait une hausse du PIB de 3,4 %, une augmentation des salaires moyens de 1851 $ par an et un surplus budgétaire de 7,8 G$ par an, permettant des redistributions fiscales ou des améliorations de services équivalant à 1148 $ par habitant. Le second scénario, scénario sombre, envisage des négociations conflictuelles, des barrières commerciales similaires au Brexit et des contraintes américaines sur les exportations de pétrole. Dans ce cas, le PIB chuterait de 10,1 % en cinq ans, avec une destruction de 10 % des emplois, une baisse des revenus de 5496 $ par personne et un déficit massif de 25,7 G$. À 20 ans, les séquelles seraient structurelles : le PIB resterait inférieur de 16,2 % à la situation actuelle, les salaires perdraient 11 957 $ par an et le déficit annuel permanent de 31,3 G$ imposerait un effort budgétaire de 6598 $ par Albertain.

Conséquences pour les Albertains

Les Albertains seraient directement touchés par les conséquences d’une séparation, avec des impacts variables selon le scénario retenu. Dans le scénario sombre, le gouvernement albertain devrait soit augmenter les impôts, soit réduire les services publics pour combler le déficit. Cela représenterait une charge annuelle supplémentaire de 5483 $ à 6598 $ par habitant, soit une somme significative pour les ménages. De plus, la prime de risque (supplément de taux d’intérêt exigé par les prêteurs en raison d’un risque perçu plus élevé) sur la dette albertaine augmenterait de 0,45 point de pourcentage, ce qui alourdirait encore le coût du remboursement de la dette. Les chercheurs soulignent que ces mesures pourraient affecter le pouvoir d’achat et la qualité de vie des Albertains, notamment en réduisant l’accès à certains services publics. À l’inverse, le scénario fluide permettrait une amélioration progressive des finances publiques et une redistribution partielle des surplus, mais seulement après une période de transition difficile.

Risques pour l'économie canadienne

Une séparation de l’Alberta n’affecterait pas seulement la province, mais aussi l’économie canadienne dans son ensemble. Le rapport indique que les coûts économiques à court terme pour l’Alberta seraient accompagnés de répercussions négatives pour le reste du pays. Par exemple, la perte d’une partie des ressources naturelles albertaines, comme le pétrole, pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement et les marchés financiers. Jack Mintz, président du groupe consultatif sur les répercussions potentielles de la séparation, estime que les Canadiens doivent être conscients que le départ de l’Alberta nuirait également au Canada. Les négociations entre Ottawa et Edmonton pourraient aussi s’avérer complexes, avec des tensions sur des sujets comme la répartition de la dette, les frontières ou les accords commerciaux. Ces incertitudes pourraient peser sur la confiance des investisseurs et la stabilité économique à l’échelle nationale.

Ce que ça pourrait changer

Pour évaluer les implications d’une séparation, le gouvernement albertain a mis en place un **Comité consultatif sur les répercussions potentielles de la séparation**. Ce comité, composé d’experts, a analysé le rapport de l’Université de Calgary et conclu que les conséquences d’une indépendance s’étendraient bien au-delà des frontières albertaines. Le comité a souligné que les bénéfices nets à long terme restaient incertains, malgré les scénarios optimistes présentés. Il a également mis en garde contre les risques économiques immédiats, comme la baisse du PIB, la destruction d’emplois et l’augmentation de la dette. Enfin, le comité a rappelé que les Albertains devraient se préparer à des sacrifices importants, que ce soit sous forme d’impôts plus élevés, de réductions de services ou d’une dégradation de leur niveau de vie, au moins pendant la période de transition.

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