L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans
L’Union européenne se rapproche d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Le rapport commandé l’an dernier par Bruxelles sur la sécurité des enfants en ligne a été publié.
L’Union européenne (UE) envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 13 ans. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un rapport publié le 13 juillet, commandé par Bruxelles en 2023 sur la sécurité des enfants en ligne. Ce document propose des recommandations par tranche d’âge pour encadrer leur utilisation d’Internet. L’objectif est de protéger les mineurs des risques liés aux algorithmes et aux contenus en ligne, en s’inspirant des principes de sécurité appliqués aux véhicules automobiles. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a comparé cette approche à celle des ceintures de sécurité ou des airbags, soulignant la responsabilité des géants de la tech comme Facebook ou Instagram dans la protection des jeunes utilisateurs.
Pour renforcer la sécurité en ligne, l’UE a mis en place le règlement sur les services numériques (DSA, pour Digital Services Act). Ce texte impose aux grandes plateformes de mieux protéger les utilisateurs, notamment les mineurs, en limitant les risques d’addiction et en améliorant la transparence des algorithmes. La Commission européenne a déjà exigé des modifications sur Facebook et Instagram pour réduire ces dangers. Le DSA vise à responsabiliser les entreprises technologiques, en leur demandant de garantir un environnement numérique plus sûr, comparable à la sécurité routière pour les automobiles.
Le rapport propose une approche progressive pour limiter l’accès aux écrans et aux réseaux sociaux selon l’âge. Pour les enfants de 0 à 2 ans, il recommande de limiter fortement l’exposition aux écrans, en privilégiant les interactions en face à face avec les parents. Entre 3 et 12 ans, l’utilisation des appareils connectés doit être supervisée, et l’accès à Internet doit être encadré, notamment dans les écoles. Les enfants de cette tranche d’âge ne devraient pas utiliser d’appareils connectés sans surveillance. Enfin, pour les 13-18 ans, l’accès aux réseaux sociaux doit être restreint à des plateformes adaptées et sûres, avec des outils de contrôle parental. Les adolescents de plus de 16 ans restent exposés à des risques, nécessitant une discussion continue avec les parents.
Le rapport met en garde contre la technoférence, un terme désignant les interruptions des interactions humaines causées par les technologies. Il souligne l’importance de donner le bon exemple aux enfants en évitant une utilisation excessive des écrans. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de favoriser les activités hors ligne pour soutenir le développement affectif, sensoriel et langagier des plus jeunes. L’enfance est décrite comme une période cruciale pour le développement cérébral, où les interactions réelles et les erreurs personnelles jouent un rôle clé dans la construction de l’identité, avant que les algorithmes ne puissent influencer ces processus.
La Commission européenne travaille sur une *app de vérification d’âge* pour contrôler l’accès des mineurs aux plateformes en ligne. Cependant, cette solution est présentée comme imparfaite et ne constitue pas une réponse miracle. Ursula von der Leyen a indiqué que des propositions concrètes seront formulées après l’été 2024, mais aucune date précise n’est avancée. Le rapport souligne que cette application ne suffira pas à elle seule à résoudre les problèmes de sécurité en ligne pour les enfants, et que des mesures complémentaires seront nécessaires pour protéger leur développement.

