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Selon cette étude, la majorité des troubles mentaux partagent des bases biologiques communes. La psychiatrie face à l’une de ses plus grandes remises en question

Presse-Citron · mis à jour il y a 19 j

Dépression, autisme, schizophrénie ou encore addictions : cinq facteurs génétiques pèsent pour l'essentiel dans la prédisposition à ces troubles mentaux..

Le DSM, manuel de référence

Le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM) est un manuel de référence utilisé par les psychiatres et professionnels de la santé mentale pour identifier et classer les troubles psychiques. Créé en 1952 après la Seconde Guerre mondiale, il a évolué à travers huit versions, avec la dernière en date, le DSM-5-TR, toujours en vigueur aujourd’hui. En 1980, avec le DSM-III, la psychiatrie a abandonné l’approche psychanalytique pour adopter un système de classification basé sur des symptômes précis, similaire à celui utilisé en médecine générale pour distinguer une pneumonie d’un ulcère. Cependant, ce cadre rigide est aujourd’hui remis en question, car il ne reflète pas la complexité biologique du cerveau humain.

Une étude révolutionnaire

Une étude publiée le 10 décembre 2025 dans la revue scientifique Nature a révélé que cinq facteurs génomiques expliquent la majorité de l’héritage génétique commun à quatorze troubles mentaux. Cette recherche, menée par Andrew Grotzinger, chercheur en génétique du comportement à l’Université du Colorado à Boulder, a comparé l’ADN de plus d’un million de patients à celui de cinq millions de personnes saines. Les résultats montrent que ces troubles partagent des bases biologiques communes, une hypothèse avancée depuis 20 ans mais jamais démontrée de manière aussi large auparavant.

Cinq groupes de troubles

Les chercheurs ont identifié cinq grands groupes de troubles mentaux partageant des facteurs génomiques communs. Le premier regroupe les troubles à composante compulsive, comme l’anorexie mentale, le syndrome de Gilles de la Tourette et les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Le deuxième inclut les troubles internalisants, tels que la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Le troisième concerne les conduites addictives, tandis que le quatrième associe les troubles neurodéveloppementaux, comme l’autisme et le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Enfin, le cinquième groupe révèle un lien génétique fort entre la schizophrénie et le trouble bipolaire, avec 70 % de variations génétiques communes.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude porte un coup dur au **DSM**, dont le modèle catégoriel, imposé depuis 1980, est désormais contesté. La séparation historique entre la schizophrénie et le trouble bipolaire, établie depuis la fin du XIXe siècle par le psychiatre allemand Emil Kraepelin, est remise en cause. Cette dichotomie, considérée comme un pilier de la psychiatrie, est désormais invalidée par les preuves génétiques. Bien que le DSM reste un outil de référence pour les praticiens, cette découverte réduit son statut d’autorité absolue et souligne l’inadéquation entre sa classification et la réalité biologique des troubles mentaux.

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