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Généraliste

Plaidoyer pour un meilleur encadrement de la promotion des écoles

Le Devoir · mis à jour il y a 15 j

Le Collectif pour l’équité scolaire cite entre autres des messages s’adressant directement aux enfants..

Collectif contre pratiques promotionnelles

Le Collectif pour l’équité scolaire, une organisation militante fondée en 2026 par trois mères, dénonce les pratiques promotionnelles des écoles privées et des écoles publiques offrant des programmes particuliers au Québec. Selon le collectif, ces pratiques, qui ciblent directement les enfants, constituent un angle mort des lois québécoises sur la publicité. Les écoles utilisent des techniques marketing comme le tutoiement ou la mise en avant de programmes uniques pour séduire les jeunes, alors que ces derniers ne sont pas en mesure de choisir leur établissement. L’objectif affiché par le collectif est de soumettre ces communications aux mêmes règles que celles encadrant la publicité destinée aux moins de 13 ans, comme le prévoit l’article 248 de la Loi sur la protection du consommateur.

Publicité et protection des enfants

Au Québec, l’article 248 de la Loi sur la protection du consommateur interdit toute publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de treize ans. Le Collectif pour l’équité scolaire estime que les écoles, en adoptant des stratégies similaires à celles du marketing commercial, contournent cette protection. Par exemple, certaines écoles privées ou publiques mettent en avant des slogans comme « viens t’amuser avec tes amis » ou « explore ton plein potentiel », avec des visuels attractifs, pour attirer un maximum d’élèves. Selon Marie-Anne Marchand, cofondatrice du collectif, ces pratiques visent moins à permettre un choix éclairé qu’à élargir le bassin d’élèves, afin que l’école puisse sélectionner ceux qui amélioreront ses résultats et sa réputation.

École à trois vitesses

Le Collectif pour l’équité scolaire critique le phénomène de l’école à trois vitesses, qui désigne une segmentation du système scolaire québécois en trois catégories : les écoles publiques régulières, les écoles publiques offrant des programmes particuliers (comme des concentrations sportives ou artistiques), et les écoles privées. Cette division, selon le collectif, crée des inégalités en favorisant l’accès à des ressources ou des opportunités pour certains élèves au détriment des autres. Les pratiques promotionnelles agressives des écoles, qu’elles soient privées ou publiques, aggravent cette situation en accentuant la compétition pour attirer les meilleurs profils d’élèves. Le collectif souhaite que la loi protège davantage les enfants contre ces mécanismes de tri.

Ce que ça pourrait changer

Le Collectif pour l’équité scolaire a transmis une lettre au ministère de l’Éducation et à l’Office de la protection du consommateur pour demander un encadrement plus strict des communications des écoles. Marie-Anne Marchand, cofondatrice, souligne que la loi doit protéger les enfants, et non donner des droits aux écoles. Elle évoque également les *États généraux en éducation*, promis par le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon lors de la campagne électorale québécoise de 2026, comme une opportunité pour faire avancer ces revendications. Le collectif espère que ces mesures permettront de construire un réseau scolaire commun qui ne « trie » pas les enfants, mais offre à tous les mêmes chances de réussite.

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