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Généraliste

«Heart of the Beast»: entre chien et nous

Le Devoir · mis à jour 25 sept.

Brad Pitt. Un chien.

Synopsis du film

Le film Heart of the Beast (Au cœur de la bête en version française) raconte l’histoire d’un vétéran des forces spéciales américaines, James Belmont, interprété par Brad Pitt, et de son chien de combat Odin. Tous deux souffrent de choc post-traumatique, un trouble psychologique qui survient après des expériences traumatisantes, comme des combats ou des situations de danger extrême. Leur quête de sens les mène en Alaska, une région sauvage et isolée, où ils survolent et explorent des paysages grandioses. Leur aventure bascule lorsque James est victime d’une crise cardiaque et que l’hydravion qu’il pilote s’écrase à près de 100 kilomètres de toute civilisation. Leur survie dépend alors de leur capacité à affronter les dangers de la nature, comme un grizzly ou des loups, dans un environnement hostile et sans limites.

Réalisateur et contexte

Le film est réalisé par David Ayer, connu pour des œuvres comme Training Day, End of Watch ou Suicide Squad. Ayer a déjà travaillé avec Brad Pitt dans Fury, où ce dernier incarnait un soldat enfermé dans un tank pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans Heart of the Beast, Ayer transpose cette idée de cage dans un cadre naturel, sans murs ni limites, mais tout aussi dangereux. Le tournage s’est déroulé en Nouvelle-Zélande, probablement en raison de contraintes budgétaires ou logistiques, car l’Alaska n’était pas accessible ou trop coûteuse. Les paysages filmés par Mauro Fiore, un collaborateur régulier d’Ayer, évoquent ceux de la trilogie Le Seigneur des Anneaux, renforçant l’aspect épique et grandiose du film.

Tension et suspense

David Ayer excelle dans la création de tension et de suspense, un style qu’il maîtrise depuis des années. Dans Heart of the Beast, cette tension atteint son paroxysme lors de scènes clés, comme une traversée périlleuse au-dessus d’un torrent ou une attaque brutale d’une meute de loups. Le réalisateur utilise des techniques cinématographiques pour immerger le spectateur dans l’action, comme des plans serrés ou des mouvements de caméra dynamiques. Ces choix visent à mettre le public dans un état de stress et d’urgence, tout en soulignant la vulnérabilité des personnages face à la nature indomptable de l’Alaska.

Les deux cœurs du film

Le film met en scène deux types de cœurs symboliques : celui de James Belmont, interprété par Brad Pitt, et celui d’Odin, son chien de combat. James est un personnage marqué par son passé militaire, avec des retours en arrière en sépia (une teinte brunâtre rappelant les vieilles photos) qui illustrent des scènes de violence extrême. Ces flashbacks, bien que répétitifs et peu utiles au début, deviennent cruciaux à la fin du film pour expliquer la psychologie du personnage. Odin, quant à lui, incarne un amour inconditionnel et une loyauté sans faille envers son maître. Leur relation, au cœur du récit, est le véritable moteur émotionnel du film, malgré la présence d’autres acteurs comme J.K. Simmons ou Anna Lambe.

Défauts et critiques

Malgré ses qualités, Heart of the Beast présente plusieurs défauts notables. L’histoire, écrite par Cameron Alexander, est jugée mince et prévisible, s’inspirant librement de l’univers de Jack London, un écrivain connu pour ses récits sur la nature sauvage. Un autre point faible est la trame sonore composée par Jared Michael Fry, dont la musique est décrite comme envahissante et étouffante, plutôt que d’enrober les images. Enfin, l’utilisation de la CGI (imagerie générée par ordinateur) pour représenter des animaux comme un grizzly ou des loups est critiquée pour son aspect artificiel et peu convaincant, malgré la présence de chiens réels comme Uber, Seeka, Ryker et Hondo.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà de l’action et des défauts techniques, *Heart of the Beast* cherche à transmettre un message émotionnel fort, centré sur la relation entre l’homme et l’animal. Le film aborde la question des chiens de combat, présentés comme des héros tombés au front, bien que leur participation à la guerre ne soit pas un choix. Malgré ce malaise, le film met en lumière la complicité exceptionnelle entre James et Odin, qui transcende les différences d’espèce. La fin du film, en particulier, est conçue pour toucher le public, avec une scène finale qui suscite l’émotion, même si certains spectateurs pourraient trouver le scénario trop prévisible ou la musique trop présente.

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