Dans le Golfe, “cette année est bonne à mettre à la poubelle”
Chute de l’activité touristique et immobilière, licenciements, délocalisation ou report de rendez-vous sportifs planétaires : les pays du Golfe, Arabie saoudite et Émirats arabes unis en tête, paient un lourd tribut économique à la guerre en Iran. Un retour à la normale reste tributaire de la durée du bras de fer entre Washington et Téhéran, s’inquiètent les journalistes Omar Abdel-Baqui et Summer Saïd dans cet article du “Wall Street Journal”..
Depuis le printemps 2026, les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, subissent les conséquences économiques d'un conflit prolongé entre les États-Unis et l'Iran. Ce bras de fer, qui dure depuis sept mois, a bouleversé l'équilibre d'une région déjà fragile. Les dirigeants locaux espéraient initialement que la guerre serait brève, mais les événements ont montré le contraire. Les tensions géopolitiques ont transformé une année prometteuse en une période de crise économique majeure pour ces pays riches en pétrole, dont l'économie dépend en partie du tourisme et des investissements étrangers.
L'activité touristique et immobilière dans le Golfe a fortement chuté en 2026, en raison des risques liés à la guerre en Iran. Les hôtels de luxe, comme ceux situés le long de la plage de Jumeirah Beach Residence à Dubaï, sont désormais déserts et licencient une partie de leur personnel. Les voyageurs, inquiets pour leur sécurité, évitent de se rendre dans la région par avion. Cette désaffection touche particulièrement les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, où le secteur touristique et immobilier avait connu un essor important ces dernières années. Les gratte-ciel et les infrastructures luxueuses, symboles de prospérité, se retrouvent ainsi sous-utilisés.
Plusieurs événements internationaux majeurs prévus dans le Golfe ont été annulés ou reportés en 2026. La Coupe du monde de sports électroniques, initialement programmée à Riyad en Arabie saoudite, a été transférée à Paris. De même, le Grand Prix de Formule 1 d'avril en Arabie saoudite a été annulé, tout comme celui d'Abou Dhabi. Ces annulations s'ajoutent à d'autres reports, comme celui du Grand Prix de Bahreïn, déplacé en Malaisie. Ces événements, qui attiraient des milliers de visiteurs et généraient des revenus importants, illustrent l'impact direct de la guerre sur l'économie locale. Les organisateurs et les autorités locales peinent à trouver des alternatives pour relancer l'attractivité de la région.
Les entreprises du Golfe, notamment dans les secteurs du tourisme, de l'immobilier et des services, procèdent à des licenciements massifs en 2026. Les hôtels, les agences de voyage et les entreprises de construction réduisent leurs effectifs pour faire face à la baisse de fréquentation et à l'incertitude économique. Parallèlement, certaines entreprises délocalisent leurs activités ou reportent leurs investissements dans la région. Ces mesures reflètent la gravité de la crise et la difficulté à maintenir une activité économique stable dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes. Les travailleurs locaux et expatriés sont les premiers touchés par ces restructurations.
Les économistes et les dirigeants locaux estiment que la situation économique dans le Golfe ne pourra s'améliorer qu'à la condition que le conflit entre les États-Unis et l'Iran trouve une issue rapide. Pour l'instant, aucune reprise n'est en vue, et l'année 2026 est considérée comme perdue pour de nombreux secteurs. Les pays du Golfe, qui avaient misé sur des investissements massifs dans le tourisme, les infrastructures et les événements sportifs, voient leurs projets compromis. Sans une stabilisation de la région, les risques de délocalisations définitives et de perte de confiance des investisseurs étrangers pourraient s'aggraver, prolongeant ainsi la crise économique.

