En Bulgarie, le nouveau gouvernement accusé de “recommunisation” de l’audiovisuel public
Après s’être attaqué à la BNR, la radio publique, au mois d’août, le gouvernement du souverainiste et prorusse Roumen Radev est maintenant accusé de vouloir faire taire certaines voix proeuropéennes sur les ondes de la télévision nationale. L’opposition libérale a annoncé saisir plusieurs instances européennes..
Le gouvernement bulgare actuel est dirigé par Roumen Radev, un homme politique souverainiste et prorusse. Souverainiste signifie qu'il défend l'indépendance de son pays face aux institutions internationales comme l'Union européenne, tandis que prorusse indique son alignement avec les positions de la Russie. Ce gouvernement est critiqué pour ses orientations politiques qui s'éloignent des valeurs européennes. Il est en place depuis mai 2026, date à laquelle il a prêté serment au Parlement à Sofia, la capitale bulgare. Ses actions récentes, notamment dans le domaine des médias publics, suscitent des inquiétudes parmi les défenseurs de la démocratie et de la liberté de la presse.
Le terme recommunisation désigne un processus par lequel un pays ou une institution reviendrait à des pratiques ou à une idéologie associée au communisme, le régime politique qui a dominé la Bulgarie jusqu'en 1989. Dans ce contexte, il est utilisé pour accuser le gouvernement bulgare de vouloir contrôler les médias publics afin de promouvoir une vision pro-russe et anti-européenne. Ces accusations ont été formulées après la suspension de deux émissions de la télévision nationale (BNT) animées par le journaliste Guéorgui Anguélov, connu pour ses prises de position proeuropéennes. Une lettre ouverte signée par des intellectuels bulgares qualifie cette décision de tentative de recommunisation, craignant un retour en arrière pour le pays.
Les médias publics bulgares, comme la radio nationale (BNR) et la télévision nationale (BNT), sont au cœur de tensions politiques. En août 2026, un vice-Premier ministre, Ivo Hristov, a critiqué la BNR pour son traitement de l'actualité internationale, notamment sa couverture de la guerre en Ukraine, qu'il a qualifiée de propagandiste. Plus récemment, la BNT a suspendu deux émissions de Guéorgui Anguélov, un journaliste et érudit très populaire, sans fournir d'explication claire. Selon la direction de la BNT, il pourrait continuer à travailler mais sous une autre forme. Ces décisions ont provoqué des manifestations et des lettres de protestation, notamment de la part d'universitaires et d'écrivains.
L'opposition libérale en Bulgarie a réagi fermement aux décisions du gouvernement concernant les médias publics. Elle a annoncé qu'elle saisissait plusieurs instances européennes, dont le Conseil des médias électroniques (SEM), pour demander une enquête sur ces pratiques. L'opposition craint que ces mesures ne menacent la liberté de la presse et la démocratie en Bulgarie. Elle a également déposé une plainte officielle pour faire valoir ses droits. Ces actions s'inscrivent dans un contexte de tensions politiques accrues, avec des accusations de manipulation des médias pour servir les intérêts du gouvernement.
Les décisions du gouvernement bulgare ont provoqué une vague d'indignation parmi les défenseurs de la liberté d'expression et de la démocratie. Une manifestation a été organisée pour soutenir Guéorgui Anguélov, et une lettre ouverte signée par des intellectuels a été publiée pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une tentative de *recommunisation*. Ces réactions montrent l'inquiétude d'une partie de la société bulgare face à ce qu'ils perçoivent comme une dérive autoritaire. La Bulgarie, membre de l'Union européenne depuis 2007, est désormais sous surveillance pour ses atteintes présumées aux valeurs démocratiques européennes.

