Un ballon solaire traverse le Pacifique pour tester l’Internet du futur : une alternative aux antennes terrestres et aux satellites
Un dirigeable autonome propulsé par l'énergie solaire vient de franchir le Pacifique. Une traversée de 13 jours à 17 km de haut qui aura servi à tester une antenne-relais stratosphérique capable de remplacer des centaines de tours terrestres..
En août 2026, une entreprise nommée Sceye a lancé un dirigeable autonome, propulsé par l’énergie solaire, pour traverser le Pacifique. Ce ballon, appelé High Altitude Platform System (HAPS) ou plateforme stratosphérique, a parcouru près de 30 000 km en 13 jours, à une altitude de 17 km. Cette altitude, située bien au-dessus du trafic aérien mais 1 800 fois plus proche de la Terre que les satellites géostationnaires, permet de tester une nouvelle technologie de connexion Internet. Le voyage a débuté au Nouveau-Mexique (États-Unis) et s’est terminé au Japon, avant un retour aux États-Unis le 4 septembre 2026. Ce périple visait à valider la faisabilité technique d’un réseau de communication alternatif aux antennes terrestres et aux satellites.
À bord du ballon se trouvait une antenne-relais stratosphérique nommée SceyeCELL, conçue pour diffuser du haut débit mobile compatible avec les smartphones classiques. Une seule de ces plateformes peut couvrir une zone équivalente à celle de 500 tours de téléphonie mobile terrestres. Pendant sa mission, l’antenne a permis de gérer des appels, des SMS, des connexions Internet et du streaming vidéo avec une latence moyenne de 68 millisecondes, soit 40 % de moins que si les données avaient transité par des serveurs au sol. Toute la chaîne de calcul a été effectuée directement à bord du ballon, sans intermédiaire, une première mondiale selon Sceye.
Sceye a été fondée en 2014 par Mikkel Vestergaard Frandsen, ancien entrepreneur humanitaire et membre du Launch Council de la NASA et de l’USAID. L’entreprise a collaboré avec SoftBank, qui a investi dans Sceye en 2025. SoftBank prévoit de lancer des services de connectivité pré-commerciaux depuis les HAPS au Japon, notamment pour rétablir les communications après des catastrophes naturelles ou desservir des zones isolées comme les montagnes ou les îles. Ces services pourraient sauver des vies lors de séismes ou d’autres catastrophes, mais ne remplacent pas encore un déploiement à grande échelle.
Les plateformes stratosphériques comme celles de Sceye offrent plusieurs avantages par rapport aux solutions existantes. Leur altitude intermédiaire réduit la latence (temps de réponse) des connexions Internet, améliorant l’expérience utilisateur pour des applications comme le streaming ou les appels vidéo. De plus, elles évitent les coûts et la complexité des satellites, tout en étant plus stables que les ballons météorologiques classiques. Cependant, leur déploiement reste expérimental. Sceye n’a pas encore annoncé de calendrier pour une commercialisation à grande échelle, et les services actuels sont limités à des usages spécifiques comme les secours en cas de catastrophe ou les zones mal desservies.

