Stephen Hawking : « Chacun de nous ne vit qu’une courte période de temps et ne visite qu’une infime partie de l’univers »
Nous levons les yeux vers un ciel qui paraît infini. En réalité, notre regard bute sur une frontière invisible, au-delà de laquelle aucune lumière ne nous est encore parvenue.
L’univers observable désigne la partie de l’univers dont la lumière a eu le temps de nous parvenir depuis le Big Bang, il y a 13,8 milliards d’années. Cette zone forme une sphère d’environ 93 milliards d’années-lumière de diamètre. Cependant, cette mesure ne reflète pas la taille réelle de l’univers, mais seulement la distance maximale que la lumière a pu parcourir depuis sa naissance. En effet, l’expansion de l’univers, qui s’accélère depuis des milliards d’années, éloigne constamment les objets les plus lointains de nous. Ainsi, même si la lumière voyage à 300 000 km par seconde, elle ne peut rattraper cette expansion. Pour illustrer cette idée, imaginez un ballon qui gonfle : les points à sa surface s’éloignent les uns des autres, sans que leur vitesse propre ne change.
En octobre 2016, une équipe d’astrophysiciens dirigée par Christopher Conselice, de l’université de Nottingham, a estimé que l’univers observable contient au moins 2 000 milliards de galaxies. Ce chiffre est dix fois supérieur aux estimations précédentes, grâce à des méthodes de calcul plus précises et à l’utilisation de télescopes comme le Hubble Space Telescope. Chaque galaxie abrite en moyenne des centaines de milliards d’étoiles, ce qui signifie que le nombre total d’étoiles dans l’univers observable dépasse largement le nombre de grains de sable sur toutes les plages de la Terre. Pourtant, malgré cette abondance, plus de 90 % de ces galaxies restent invisibles à nos instruments actuels, car elles sont trop pâles ou trop éloignées pour être détectées.
L’horizon cosmique correspond à la limite au-delà de laquelle aucun signal lumineux ne peut nous parvenir, car l’expansion de l’univers est plus rapide que la vitesse de la lumière. Par exemple, un objet situé à 46,5 milliards d’années-lumière de la Terre émet une lumière qui met 13,8 milliards d’années à nous atteindre, mais pendant ce temps, l’espace s’est étiré, éloignant davantage cet objet. Ainsi, notre capacité à observer l’univers ne cesse de se réduire, car de nouvelles régions deviennent inaccessibles à mesure que l’expansion s’accélère. Cette dynamique crée une sorte de « fuite » permanente de l’univers observable, où des galaxies disparaissent progressivement de notre champ de vision, sans que nous puissions jamais les étudier.
L’univers observable n’est qu’une infime partie de l’univers réel, qui pourrait être infiniment plus grand, voire infini. Les scientifiques estiment que les galaxies visibles ne représentent qu’une fraction négligeable de la totalité de la matière et de l’énergie présentes dans le cosmos. Par exemple, si l’univers observable contient 2 000 milliards de galaxies, l’univers réel pourrait en abriter des milliards de fois plus, voire une quantité indénombrable. Cette idée soulève des questions fondamentales sur la nature même de l’univers : est-il fini ou infini ? Est-il en expansion éternelle ou pourrait-il un jour se contracter ? Ces interrogations restent sans réponse, car nos instruments ne permettent pas d’observer au-delà de l’horizon cosmique actuel.
Le physicien Stephen Hawking a souvent souligné que notre existence se déroule dans un laps de temps extrêmement court à l’échelle cosmique. Selon lui, « chacun de nous ne vit qu’une courte période de temps et ne visite qu’une infime partie de l’univers ». Cette affirmation met en lumière notre place minuscule dans l’immensité du cosmos. Hawking invitait à relativiser les problèmes terrestres en les comparant à l’échelle de l’univers, où les enjeux humains comme les conflits ou les crises économiques apparaissent dérisoires. Cette vision rappelle aussi que l’humanité n’a exploré qu’une infime fraction de l’espace, et que nos connaissances restent limitées par les contraintes technologiques et physiques.

