Détroit d’Ormuz : sur quoi portent les négociations entre l’Iran et le sultanat d’Oman ?
Depuis plusieurs semaines, Téhéran et Mascate tiennent des pourparlers afin de se partager le contrôle du passage maritime séparant les deux pays, stratégique pour le commerce mondial. Le 2 août, Téhéran a annoncé qu’un accord était imminent.
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime étroit reliant le golfe Persique à la mer d’Oman, situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Il est considéré comme l’un des points les plus stratégiques du commerce mondial, car environ 20 à 30 % du pétrole transporté par voie maritime y transite chaque année. En 2026, son contrôle est au cœur de tensions géopolitiques majeures entre l’Iran, les États-Unis et d’autres acteurs régionaux. Le détroit mesure environ 39 kilomètres de large à son point le plus étroit, avec une profondeur variant entre 50 et 100 mètres, ce qui en fait un corridor difficile à contourner pour les navires de grande taille. Les tensions actuelles ont conduit à sa fermeture partielle ou totale à plusieurs reprises, perturbant les échanges internationaux.
Depuis le début d’une guerre entre l’Iran et les États-Unis en mars 2026, le détroit d’Ormuz est sous contrôle des forces iraniennes, tandis que Washington a imposé un blocus naval à Téhéran. Le 19 juin 2026, un accord avait été signé entre les deux pays pour réouvrir le détroit et rétablir la liberté de navigation, mais il n’a pas été appliqué en raison de l’escalade militaire. Les États-Unis ont alors encouragé les navires marchands à emprunter un corridor maritime temporaire au sud du détroit, dans les eaux territoriales omanaises. L’Iran a dénoncé cette initiative, affirmant qu’elle violait l’accord de juin et que seul un itinéraire approuvé par ses autorités était valable.
Le sultanat d’Oman, situé à l’embouchure du détroit, joue un rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis. Fin juillet 2026, Mascate a proposé un plan visant à maintenir un couloir de navigation passant principalement par ses eaux territoriales, afin de permettre la reprise du trafic commercial. Cependant, l’Iran a rejeté cette proposition, insistant pour que le contrôle du détroit reste exclusivement entre ses mains. Les négociations entre Téhéran et Oman se sont intensifiées début août 2026, avec des discussions sur un partage des zones de contrôle dans le détroit, mais sans succès immédiat.
Oman a suggéré un partage à 50 % du contrôle du détroit entre l’Iran et lui-même dans les eaux omanaises, mais l’Iran a catégoriquement refusé cette idée, déclarant qu’aucun corridor intermédiaire ne serait acceptable, même en cas de paix durable. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que les points d’entrée et de sortie du détroit se trouvent dans les eaux territoriales omanaises, rendant toute solution partagée inacceptable pour Téhéran. Malgré ces blocages, le 2 août 2026, l’Iran a annoncé être proche d’un accord avec Oman, tout en précisant que cela n’affecterait pas la fermeture actuelle du détroit.
Le 5 août 2026, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les deux pays étaient sur le point de parvenir à un compromis concernant un corridor unique avec une voie d’aller et de retour, respectant les droits souverains de chaque pays. Ce corridor serait utilisé temporairement en attendant une décision sur un tracé permanent. Baghaï a précisé que cette solution ne concernait pas la réouverture ou le maintien de la fermeture du détroit, qui reste fermée en raison des mesures hostiles des États-Unis. Les négociations se trouvent dans une phase finale, mais les ingérences américaines et les menaces de Donald Trump pourraient retarder un accord.
Un accord entre l’Iran et Oman ne modifierait pas l’état actuel du détroit, toujours fermé en août 2026. Les discussions visent principalement à établir un cadre de navigation temporaire pour éviter une crise humanitaire et économique, tout en préservant les intérêts de sécurité de chaque partie. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a estimé que les négociations se trouvaient dans leur phase finale, mais les tensions persistantes avec les États-Unis pourraient compliquer la conclusion d’un compromis. Quoi qu’il en soit, la question du contrôle du détroit d’Ormuz reste un sujet de rivalité majeure dans la région.

