Les adieux de Fialkowska, le tremplin de Feher
Émouvants adieux, vendredi, pour la pianiste montréalaise qui se retire des scènes à 75 ans..
L’Orchestre classique de Montréal (OCM) a organisé un concert d’adieu pour la pianiste Janina Fialkowska, âgée de 75 ans, à la Maison symphonique de Montréal le 2 octobre 2026. Ce concert, marqué par la performance du 4e Concerto pour piano de Beethoven, a été salué pour son élégance et sa conception intelligente. Fialkowska, pianiste montréalaise d’origine polonaise, a interprété l’œuvre avec une dynamique et une dramaturgie fidèles à la partition, malgré quelques flottements mineurs dans le contrôle technique. Le public a également pu entendre en bis une Mazurka en mi mineur op. 41 n° 2 de Chopin, une pièce moins fréquente. Ce concert symbolisait une fin de carrière soignée, dans un cadre prestigieux, avec une direction musicale assurée par Andrei Feher.
Andrei Feher, chef d’orchestre, a dirigé le 4e Concerto pour piano de Beethoven avec une approche lapidaire et précise, notamment lors du deuxième mouvement où le dialogue entre le piano et l’orchestre était particulièrement bien équilibré. Avant la 7e Symphonie de Beethoven, Feher a demandé au public d’éteindre ses téléphones et d’applaudir uniquement à la fin de l’œuvre, soulignant l’importance des silences et de la tension dramatique entre les mouvements. Il a décrit les quatre mouvements de la symphonie comme les chapitres d’une même histoire, une interprétation qui a marqué les auditeurs. Feher a également dirigé la 7e Symphonie avec une énergie et une fermeté remarquables, malgré un effectif réduit, démontrant une maîtrise technique et une intelligence musicale notables.
Lors du concert, un téléphone portable a sonné pendant la performance, interrompant brièvement l’exécution du 4e Concerto pour piano. Contrairement à ce qui pourrait être attendu, les jeunes personnes impliquées dans cette perturbation n’ont pas semblé gênées, mais ont ri bruyamment. Cet incident a ajouté une touche d’imprévu à un événement autrement très maîtrisé. Il illustre les défis modernes rencontrés lors des concerts, où l’usage des téléphones peut perturber l’expérience musicale, même dans un lieu aussi prestigieux que la Maison symphonique.
L’Orchestre classique de Montréal (OCM) a connu une transformation majeure ces dernières années, passant d’un statut de simple orchestre de chambre à une institution musicale de premier plan à Montréal. Cette évolution s’est accélérée après la mort de Boris Brott, fondateur de l’ex-Orchestre de chambre McGill, et malgré une période difficile marquée par la direction éphémère de Jacques Lacombe. Sous la direction actuelle, l’OCM a su se structurer et rebondir, notamment grâce à la direction musicale d’Andrei Feher. Cette montée en puissance s’est accompagnée d’une programmation inventive et opportuniste, renforçant la crédibilité musicale de l’orchestre.
Parallèlement à la montée en puissance de l’OCM, l’orchestre I Musici de Montréal a connu un déclin marqué. Ce groupe, autrefois considéré comme l’orchestre de chambre de référence à Montréal, a subi une lente descente depuis le départ de son directeur Simon Gamache et de son chef Jean-Marie Zeitouni. Plusieurs erreurs stratégiques de la part des directions et conseils d’administration successifs ont précipité cette chute, aboutissant à un désaveu cinglant et à une perte de soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec. Une réorganisation en autogestion est actuellement en cours pour tenter de redresser la situation.
L’OCM trouve ses racines dans l’ex-Orchestre de chambre McGill, fondé par Boris Brott. Ce dernier, bien que très apprécié, dirigeait un orchestre dont la qualité musicale était considérée comme « gentillette » et « sympathique », mais sans atteindre l’excellence. Malgré cela, l’orchestre a bénéficié du soutien de mécènes pour éviter sa disparition. Aujourd’hui, l’OCM, sous sa nouvelle forme, a su s’imposer comme une institution musicale majeure à Montréal, surpassant même I Musici en termes d’influence et de reconnaissance. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où les orchestres doivent constamment innover pour rester pertinents dans un paysage musical en mutation.
L’OCM est désormais perçu comme un orchestre en pleine consolidation, avec une programmation qui inspire confiance sur le plan musical. Parmi ses projets futurs, on note la fin de saison 2026 avec *La Belle Hélène*, un opéra-bouffe de Jacques Offenbach, interprété par Marie-Nicole Lemieux dans le cadre du Festival Classica. Cette programmation reflète la capacité de l’orchestre à allier tradition et innovation, tout en attirant un public varié. L’OCM semble donc bien parti pour continuer sur cette lancée, consolidant sa place comme l’un des orchestres les plus dynamiques de Montréal.

