Carney et Smith unissent leurs forces pour promouvoir un Canada uni
Un dernier appel a été lancé aux Albertains afin qu’ils votent en faveur du maintien de la province au sein du pays..
Les Albertains sont appelés à voter lundi 20 octobre 2026 lors d’un référendum pour décider si la province doit rester au sein du Canada ou organiser un deuxième référendum contraignant sur la séparation. Ce scrutin porte sur une question principale, mais le bulletin de vote comprend dix propositions, dont neuf visent à renforcer le contrôle provincial sur des domaines comme l’immigration. Le premier ministre canadien Mark Carney et la première ministre albertaine Danielle Smith ont tenu un événement public à Red Deer, en Alberta, pour encourager le maintien dans le Canada. Les électeurs peuvent voter par correspondance ou en avance depuis plus d’une semaine, avec des taux de participation anticipée records. Les sondages indiquent une large majorité en faveur du maintien, mais les organisateurs craignent que l’apathie des électeurs ne favorise le camp séparatiste.
Mark Carney, premier ministre du Canada, et Danielle Smith, première ministre albertaine, se sont affichés ensemble dans une brasserie de Red Deer pour promouvoir l’unité canadienne. Carney a cité l’auteur Charles Dickens pour souligner que le Canada traverse à la fois des périodes difficiles et des opportunités uniques. Il a qualifié un vote pour la sécession d’un « coup de bluff dangereux » pouvant entraîner des années d’occasions manquées. Danielle Smith, quant à elle, défend une Alberta souveraine au sein d’un Canada uni et a voté par anticipation pour le maintien. Elle souhaite obtenir un mandat pour négocier des modifications constitutionnelles, notamment pour retirer des pouvoirs au gouvernement fédéral. Les deux dirigeants ont échangé des brochures et des compliments mutuels, tout en reconnaissant leurs désaccords sur les propositions du référendum.
Neuf des dix propositions du référendum concernent des sujets comme l’immigration, où Danielle Smith souhaite renforcer le contrôle provincial. Elle argue que les premiers ministres provinciaux devraient pouvoir discuter de la réforme de l’immigration, un domaine traditionnellement géré par Ottawa. Mark Carney, en revanche, a appelé les Albertains à rejeter ces neuf propositions. Smith a répondu en remettant une brochure explicative à Carney, affirmant que tous les premiers ministres provinciaux partagent ses vues sur l’immigration. La dixième proposition porte directement sur la question de la sécession. Les détracteurs de Smith estiment qu’elle a attisé un sentiment séparatiste marginal en convoquant ce référendum, plutôt que de résoudre des griefs partagés par les Albertains.
Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur fédéral, a pris la parole à Calgary pour appeler les Albertains à ne pas « tourner le dos » au Canada. Il a reconnu la frustration des séparatistes face à des enjeux comme la hausse des coûts, un système judiciaire qu’il qualifie de laxiste, ou encore un programme d’immigration jugé hors de contrôle. Cependant, il a souligné que le Canada représente bien plus qu’un gouvernement : il incarne un peuple, un drapeau, un territoire, une histoire et une promesse. Poilievre a comparé l’unité canadienne à un héritage construit et défendu par des générations, y compris lors de guerres, pour que les Canadiens puissent être libres. Il a invité les Albertains à voir au-delà des frustrations immédiates et à préserver ce qui unit le pays.
Danielle Smith a convoqué ce référendum plus tôt en 2026, arguant que le mécontentement envers les politiques fédérales avait atteint son paroxysme, avec des centaines de milliers de signatures recueillies pour ou contre le maintien dans la Confédération. Le Canada et l’Alberta sont en pleine négociation pour un projet d’oléoduc accéléré reliant l’Alberta à la Colombie-Britannique, un signe de coopération entre les deux niveaux de gouvernement. Mark Carney a participé à des rassemblements fédéralistes à Edmonton et Calgary, où il a insisté sur le fait que le Canada fonctionne selon un principe de *fédéralisme coopératif*, où les provinces et le gouvernement central collaborent. Les deux dirigeants ont souligné que, malgré les tensions, l’Alberta et le Canada avancent « main dans la main » sur certains dossiers économiques.

